Les noms déposés

Une antonomase est une figure de style dans laquelle un nom propre (ou bien une périphrase) énonçant sa qualité essentielle, est utilisé comme nom commun. L’exemple le plus parlant est celui de monsieur Poubelle. Préfet de police, il ordonne l’usage d’un récipient de bois garni à l’intérieur de fer blanc pour toutes les ordures ménagères. C’est ainsi qu’on baptisa ce contenant. Grâce à l’usage, le mot finit par entrer dans les dictionnaires et devenir un nom commun.

Ce changement ne se limite pas aux personnes. Il agit également sur les marques. Une enseigne, une entreprise, un particulier peut décider de faire reconnaître officiellement son œuvre et de jouir des avantages : revendiquer des droits d’auteurs, garantir une technique, un savoir-faire, se protéger contre la contrefaçon et entreprendre des poursuites judiciaires, etc.

Ce nom déposé devient public et circule dans la langue parlée. Aujourd’hui, la plupart savent qu’une « vespa » désigne un cyclomoteur de la marque Vespa. Il arrive que le nom déposé se diffuse plus largement et englobe une définition plus large. Ainsi, un « kleenex » désigne un mouchoir en papier jetable, quelle que soit la marque. Adopté par un grand nombre, le mot est lexicalisé et devient par la force des choses un nom commun.

A-t-on le droit d’utiliser ces noms déposés ?

Pour ce qui concerne le droit, je n’y connais pas grand chose et je ne voudrais pas trop m’avancer en prétendant qu’on ne risque pas grand-chose en tant que particulier. Les médias sont tenus d’être vigilants, en témoigne cet extrait.

Certaines entreprises interdisent que l’on [les journalistes] utilise les marques déposées. Si un journal utilise le nom de leur marque comme un nom générique, elles lui font savoir leur mécontentement par lettre recommandée, et se réservent, le cas échéant, de poursuivre le journal. Il convient donc d’utiliser les expressions « chariot de supermarché » et non Caddie […] Le secrétariat de rédaction

Je me demande ce que vaut une poursuite devant les tribunaux pour avoir utilisé le mot « nescafé » ? Quand bien même la marque Nestlé a manifesté son intention de ne pas l’utiliser comme nom commun, nescafé reste un substantif courant et de surcroit lexicalisé. De plus, on ne trouve aucune alternative valable à ce café préparé avec une poudre soluble et de l’eau chaude. Cela dit, je ne suis pas certain que la concurrence puisse exploiter le terme avec cet argument.

Comment les écrire ?

On a coutume de dire que les noms déposés prennent une majuscule (exceptés ceux qui commencent par une minuscule : iPad). Comme les noms propres, ils sont alors invariables. Pourtant, il suffit de consulter les dictionnaires pour se rendre compte des divergences. Tout dépend de la source. Le Petit Robert a tendance à privilégier la minuscule. À l’inverse, le Petit Larousse et l’encyclopédie Universalis sont plus enclins à respecter l’usage de la majuscule : Klaxon, K-way, Coton-Tige, Thermos… 

Il n’existe pas de liste exhaustive. Wikipédia propose bien une liste fournie, mais difficile d’y apporter un crédit sérieux sans pouvoir vérifier les sources. J’ai bien tenté de vérifier dans les différents dictionnaires. Comme bien souvent, ils ne sont pas unanimes et parfois dans la même édition ! Par exemple aspivenin est présent dans une édition du Robert, mais absent dans sa version en ligne (censée être à jour). Le sopalin apparait comme mot ordinaire dans l’un et devient une marque déposée dans l’autre. On trouve le colt mais pas la kalachnikov. Sacchariné, ée est estampillé comme marque déposée mais pas saccharine. Un dernier exemple parmi tant d’autres, Antidote est le seul à considérer la vaseline comme nom commercial. Bref, tout cela manque cruellement de cohérence et difficile d’émettre un avis tranché.

Logo Facebook
⏩ logo Facebook

Une marque déposée est une marque qui a été officiellement déposée auprès d’un organisme national reconnu. Elle permet de se distinguer de la concurrence et surtout de bénéficier des protections légales. Aux États-Unis, les symboles ® (registered) et ™ (trademark) peuvent avoir une portée juridique : Botox®. En France, en Belgique et au Canada, cette mention n’est pas obligatoire, loin de là. Excepté le propriétaire (qui aura tendance à l’indiquer pour prévenir ses concurrents), il est coutume de ne pas indiquer ces sigles tout en jouissant de la même protection juridique.

Certains (surtout les Québécois) proposent d’ajouter un MD (marque déposée) en lieu et place du registered. En l’absence d’un caractère spécial, il convient donc de l’écrire en exposant après le nom de la marque : PerlissimoMD. Le trademark destiné aux marques non déposées a son équivalent MC (marque de commerce) : PerlissimoMC.

Enfin, le symbole © (copyright) est une information auprès du public pour lui préciser qu’un droit d’auteur existe sur une œuvre littéraire ou artistique. À nouveau, cette mention est facultative et n’a pas de force juridique particulière.

À titre purement informatif, voici les codes HTML.

  • Alt + 0169 : ©
  • Alt + 0174 : ®
  • Alt + 0153 : ™

Liste des noms déposés

Cette liste est tirée du petit ouvrage Vérifier votre orthographe édité par le Robert. J’ai respecté les espaces dans les sigles et l’emploi de la majuscule initiale. J’ai ajouté la définition car le mot ne désigne pas toujours le sens qu’on lui connait habituellement (cf. mystère, cigarette, minerve, quick).

Nom déposé Définition
aérotrain Véhicule aéroglisseur
accrobranche Activité de plein air qui consiste à se déplacer d’arbre en arbre.
ADSL Protocole de transmission numérique à haut débit. Recommandation officielle : raccordement numérique asymétrique
abribus Arrêt d’autobus équipé d’un abri.
airbag Coussin qui se gonfle en cas de choc afin de protéger le conducteur. Rec. off. : Coussin de sécurité
aspivenin Appareil servant à aspirer le venin injecté par un animal ou une plante.
audimat Audimètre permettant de mesurer l’audience des diverses chaînes de télévision.
baby-foot Jeu simulant le football, sur une sorte de billard muni de figurines actionnées par des tiges mobiles.
bakélite Résine synthétique, matière plastique qui imite l’ambre.
banette Pain à base de farine sélectionnée, moins long et plus renflé que la baguette.
B. C. B. G. Bon chic bon genre.
Bic Stylo à bille.
bicross Vélo tout-terrain, sans suspension ni garde-boues.
bikini Maillot de bain formé d’un slip et d’un soutien-gorge.
borsalino Chapeau masculin en feutre.
bottin Annuaire des téléphones édité par Bottin.
brumisateur Atomiseur pour les soins de la peau.
bulgomme Sous-nappe en tissu enduit de mousse de caoutchouc, imperméable, protégeant le dessus de la table des chocs et de la chaleur.
bureautique Ensemble des techniques visant à automatiser les travaux de bureau.
caddie Petit chariot métallique mis à la disposition de la clientèle. Rec. off. : chariot
caméscope Appareil portatif intégrant une caméra vidéo et un magnétoscope.
camping-gaz Petit réchaud portatif à gaz butane pour le camping.
canadair Avion équipé de réservoirs d’eau, qu’il largue pour éteindre les incendies de forêt.
caninette Moto équipée d’un dispositif pour aspirer les excréments des chiens, dans les grandes villes.
cannelé, ée Petit gâteau moelleux en forme de cylindre strié, parfumé au rhum et à la vanille.
carambar  ?*
carboglace Dioxyde de carbone solidifié utilisé pour réfrigérer.
cataphote Catadioptre.
cellophane Pellicule fine et transparente, utilisée pour l’emballage.
chamallow  ?*
chris-craft Type de bateau de plaisance à moteur.
cigarette (russe) Gâteau sec, roulé en forme de cigarette.
cinémascope Procédé de cinéma sur écran large par anamorphose de l’image.
cinérama Anciennement, procédé de cinéma sur plusieurs grands écrans juxtaposés.
coca-cola Boisson gazéifiée à base de coca et de noix de cola.
cocotte-minute Type d’autocuiseur.
colt Pistolet automatique américain.
coton-tige Bâtonnet dont les deux extrémités sont recouvertes de coton, pour nettoyer les oreilles.
couplé Mode de pari où l’on parie sur deux chevaux.
croissanterie Boutique, échoppe où l’on vend des croissants, de la viennoiserie.
cubitainer Récipient cubique, généralement en matière plastique, servant au stockage et au transport de liquides.
deltaplane Type de planeur ultra-léger utilisé pour le vol libre.
dictaphone Magnétophone qui sert notamment à dicter le courrier.
digicode Appareil sur lequel on tape un code alphanumérique qui commande l’ouverture de la porte d’un immeuble.
dolby Procédé de réduction du bruit de fond des enregistrements magnétiques.
escalator Rec. off. : escalier mécanique.
exocet Missile autoguidé, à trajectoire rasante, utilisé pour la destruction des navires.
fermeture éclair Fermeture à glissière munie de dents.
flash-ball Arme de défense qui utilise des balles de caoutchouc non perforantes comme projectiles. Rec. off.: arme de défense à balles souples.
frigidaire Armoire munie d’un dispositif frigorifique, permettant de conserver à basse température des denrées périssables.
frisbee Disque en plastique, légèrement bombé, destiné à être lancé.
gomina Produit capillaire à base, destiné à maintenir les cheveux en place.
goretex Tissu synthétique microporeux, dérivé du téflon.
gramophone Ancien phonographe à disques.
hygiaphone Dispositif perforé et transparent, équipant les guichets où des employés sont en contact constant avec le public (postes, banques, etc.).
infographie Procédé de création d’images assistée par ordinateur.
jacuzzi Bassin ou baignoire de cette marque, équipé(e) d’un dispositif qui provoque des remous dans l’eau.
jeep Automobile tout-terrain à quatre roues motrices.
kevlar Résine aramide utilisée sous forme de fibre dans certains matériaux composites.
kir Apéritif composé de vin blanc et de liqueur de cassis.
klaxon Avertisseur sonore à commande mécanique ou électrique.
kleenex Mouchoir en papier jetable.
liberty Étoffe de coton légère, souvent à dessins ou à petites fleurs, employée dans l’ameublement et l’habillement.
lycra Fibre textile de cette marque utilisée notamment dans la confection de tissus synthétiques à réseau très élastique.
maïzena Fécule de maïs préparée pour être utilisée en cuisine.
martini Vermouth produit par la firme Martini et Rossi.
meccano Jeu de construction métallique.
mercurochrome Antiseptique pour usage externe de couleur rouge.
minerve Petite machine à imprimer.
minibar Chariot circulant dans les trains pour proposer à la vente boissons et sandwichs.
minitel Petit terminal de consultation de banques de données vidéotex commercialisé par France Telecom.
minivague Permanente très souple.
mobylette Cyclomoteur de la marque de ce nom.
monotype Machine à composer qui fondait les caractères isolément.
moulinette Petit moulin à légumes, broyeur ménager.
mystère Dessert glacé à base de meringue et de glace enrobée de noisettes pilées.
nanoréseau Réseau local destiné à l’interconnexion d’un petit nombre de micro-ordinateurs.
napolitain Petit carré de chocolat fin et amer, servi avec le café.
néoprène Caoutchouc synthétique thermoplastique.
nescafé Café préparé avec une poudre soluble et de l’eau chaude.
nylon Fibre synthétique.
opinel Couteau pliant à virole, à manche de bois.
pédalo Petite embarcation à flotteurs mue par une roue à pales actionnée par des pédales.
pénichette Petite péniche de tourisme fluvial.
péritel (prise) Prise normalisée qui permet de brancher certains appareils sur un téléviseur.
photomaton Appareil qui prend, développe et tire automatiquement des photographies
pierrade Mode de cuisson des aliments par contact sur une plaque (pierre) chaude.
pippermint Liqueur titrant 18°, à base de menthe poivrée.
plexiglas Verre de sécurité, matière plastique transparente et dure.
polaroïd Appareil photographique à développement instantané.
port-salut Fromage affiné de lait de vache à pâte ferme et de saveur douce.
post-it Petit morceau de papier partiellement adhésif, repositionnable à volonté. Rec. off. : papillon.
publiphone Cabine téléphonique publique munie d’un appareil fonctionnant avec une télécarte.
pyrex Verre très résistant pouvant aller au feu.
quarté Forme de pari mutuel (analogue au tiercé) où l’on parie sur quatre chevaux, dans une course.
quick Matière synthétique dure, poreuse et rougeâtre, utilisée comme revêtement de courts de tennis en plein air.
quinté Pari mutuel sur l’ordre d’arrivée des cinq premiers chevaux d’une course.
restoroute Restaurant au bord d’une grande route, d’une autoroute, pour les automobilistes.
rhodoïd Ruban de plastique utilisé notamment en pâtisserie.
rimmel Fard pour les cils.
rotring Stylo à pointe tubulaire.
ruflette Galon que l’on coud sur l’envers en haut des rideaux afin de les froncer ou de les plisser et de les accrocher.
rustine Petite rondelle adhésive de caoutchouc qui sert à réparer une chambre à air de bicyclette.
sacchariné, ée (!) Qui contient de la saccharine.
sandow Câble élastique utilisé notamment pour fixer des objets sur le porte-bagage d’une bicyclette.
sanisette Toilettes publiques, cabine dont l’entretien est automatique.
scialythique Appareil d’éclairage qu’on utilise dans les salles d’opération et qui supprime les ombres portées.
scotch Ruban adhésif transparent.
scrabble Jeu de société consistant à remplir une grille préétablie au moyen de jetons portant une lettre, de manière à former des mots.
skaï Tissu enduit de matière synthétique et imitant le cuir.
solderie Commerce spécialisé dans la vente au rabais.
solex Cyclomoteur de conception particulièrement simple.
sonotone Audiophone* très répandu.
speed-sail Planche à roulettes munie d’une voile, utilisée sur les grandes plages éventées.
Stabilo-Boss  ?*
stretch Procédé de traitement des tissus les rendant élastiques dans le sens horizontal.
stylomine Portemine.
sucrette Petite pastille à base d’édulcorant* de synthèse, qui remplace le sucre.
technicolor Procédé de cinéma en couleurs.
téléfax Nom déposé d’un système de télécopie.
télétex Service de transmission de données alliant télex et traitement de texte.
texto Bref message écrit échangé entre téléphones portables.
tupperware Boîte, récipient alimentaire en matière plastique, à couvercle hermétique.
Velux Fenêtre conçue pour être installée dans un toit en pente.
visagiste, visagisme Esthéticien, esthéticienne qui cherche à mettre en valeur la beauté, le caractère du visage, par la coiffure, le maquillage.
volucompteur Compteur d’un distributeur d’essence, indiquant la quantité débitée.
windsurf Planche à voile.
yoyo Jouet fait de deux disques, réunis par un axe, et que l’on fait monter et descendre le long d’un fil.
zodiac  ?*

* Définition manquante dans le Petit Robert ou Le Petit Larousse.

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Du dièse au croisillon

La toile s’emballe à propos d’un nouveau terme sorti du chapeau de la très sérieuse commission générale de terminologie et de néologie (CGTN). Celle-ci vient en effet de préconiser « mot-dièse » en lieu et place du « hashtag ».

Capture Twitter
⏩ capture d’un tweet à propos d’un retard des trains

Signe de prédilection sur Twitter, le hashtag est une sorte de mot-clé précédé directement d’un « # ». Une fois publié, le hashtag devient cliquable et renvoie à l’ensemble des autres tweets estampillés du même code. Je ne suis pas du tout partisan de ces habitudes réservées aux férus du gazouillement, mais il permet dans certains cas de resituer rapidement la nature d’une discussion ou de visualiser d’autres commentaires sur le même sujet.

Dièse en musiqueUn des premiers reproches fait à la commission est celui d’utiliser un mot pour un autre. Le fameux « # » présent sur tous les claviers ne serait pas le dièse, mais le croisillon [¹]. Le dièse est un signe musical dont l’apparence est légèrement différente : « ♯ ». Les deux barres sont verticales et les deux autres sont légèrement montantes afin de ne pas se mêler aux lignes de base. Le croisillon quant à lui est composé de droites. Il faut bien admettre que dans la pratique, on se soucie peu de faire la distinction entre les deux surtout quand les deux symboles sont assez proches. D’ailleurs, en Belgique, le croisillon présent sur les téléphones portables est aussi connu sous le nom de « carré ». Une forme encore plus éloignée, mais qui ne choque plus personne. Après, je suis d’accord que venant d’une institution telle que la CGTN c’est plutôt mal venu.

Les concepteurs du réseau social ont choisi un code (#mot) pour rendre opérationnels ces mots clés. Je ne comprends pas bien pourquoi la traduction repose sur la présence d’un signe. Si les auteurs avaient choisi un astérisque (*) en lieu et place du dièse, l’auraient-ils appelé « mot-astérisque » ? À ce rythme, on a échappé à d’autres possibilités : « mot-esperluette, mot-barre-verticale, mot-dollar ». Je suis entièrement d’accord que le hashtag n’évoque rien de bien précis pour le quidam, en revanche je suis encore moins sûr que le nouveau terme éclaire les lecteurs de passage.

Pour la petite anecdote, nombreux ont été ceux à tweeter sur le sujet avec ce hashtag. Seul problème, le système n’accepte ni les espaces ni les traits d’union.

Capture Twitter
⏩ capture d’un tweet de David Abiker

De toute manière, le dernier mot revient à l’usage. Nous verrons si la nouvelle invention sera adoptée ou totalement ignorée comme de nombreuses autres propositions.

[¹] Le terme « croisillon » avec cette acception n’est repris dans aucun dictionnaire usuel. Il s’agit là d’un vocabulaire très spécialisé. N’est-il pas paradoxale de faire référence à un mot spécifique pour un large public ?

De l’image au mot [7]

Une nouvelle sélection de mots de vocabulaire à découvrir.

  1. {n. m.} Montagnes russes.
  2. {n. f.} Ustensile servant à racler des lamelles de Tête de Moine (fromage suisse).
  3. {n. f.} Petit étendard dont la partie flottante était terminée en pointes.
  4. {n. f.} Urinoir public pour hommes.
  5. {adj.} Nom d’un poisson japonais très prisé.
  6. {n. m.} Pièce de métal servant de pivot de portes, de fenêtres.
  7. {n. f.} File de colonnes, formant un ensemble architectural.
  8. {n. m.} Pantalon court (au-dessous du genou) et moulant.
  9. {n. f.} Petit oiseau qui se nourrit d’insectes, de graines et de fruits.
  10. {n. f.} Poisson de mer plat, apparenté au turbot.

Images en vrac
⏩ grand huit, girolle, oriflamme, vespasienne, carpe koï
gond, colonnade, corsair, mésange, une barbue

Les locutions latines

Une locution est un groupe de mots et qui forme une unité de sens. On peut l’associer à une expression. Les locutions dans notre langue sont nombreuses. Une « bande dessinée » désigne un objet bien particulier et non un ruban de papier sur lequel apparaissent des illustrations. Les expressions en français ne subissent aucun traitement typographique particulier, à contrario des expressions étrangères.

Il est coutume de mettre en italique (dans un texte en romain) toutes les locutions étrangères.

Il s’agit d’un one-man show sensationnel.

De manière générale, les mots latins ou les locutions latines non francisés sont également mis en italique. C’est d’ailleurs le sujet de cet article.

Le texte de l’article a été lu in extenso.

La francisation est un sujet épineux et les discussions vont bon train sur le web. Pourtant, le cheminement d’un mot étranger fait souvent le même parcours. Adopté par une grande majorité, il est lexicalisé par les dictionnaires usuels. Dans une typographie soignée, il s’écrit en italique. Dans certains cas, le mot est francisé ou et perd cette marque typo. Il en va de même pour les mots couramment usités et intégrés à notre langue. Ce fut le cas de « week-end ».

Il est donc intéressant de connaître les locutions latines francisées et celles entrées dans le langage courant. Le Lexique des règles typographiques reprend une liste de locutions latines non francisées . On remarquera en passant que l’Imprimerie classe certains mots latins parmi les locutions.

ad hoc ad libitum a fortiori a posteriori
a priori bis grosso modo ibidem
idem in extenso in extremis in fine
infra loc. cit. modus vivendi op. cit.
passim quater sic statu quo
supra ter via vice versa

On imagine que cette liste n’est pas exhaustive. Dommage. Ce petit ouvrage est censé être une référence en cas d’interrogation. Aussi, tous les ouvrages ne lisent pas les mêmes mots sous cette dénomination. C’est le cas du Ramat de la typographie. Tout ceci rajoute encore un peu plus de confusion.

À noter la position des rectifications de 1990 à cet égard. Elles conseillent la francisation des locutions latines. Par exemple, les formes a priori, a posteriori, in extremis sont francisées pour devenir « à priori, à posteriori, in extrémis ». Dénuées de l’italique, elles se voient composées avec des accents le cas échéant [¹] alors que le latin en est dépourvu.

Toujours dans le même Lexique, on retrouve un certain nombre d’expressions latines « passées dans le langage courant ». Je suis très dubitatif sur la sélection. Exequatur, minus habens, triplicata ne me sont pas familiers. Ces expressions, jugées usuelles, se composent en romain, avec accent et sont variables.

critérium desiderata duo duplicata
erratum exeat exequatur impedimenta
in-folio in-octavo in-quarto intérim
maximum mémento mémorandum minimum
minus habens muséum pensum post-scriptum
quatuor référendum requiem solo
tollé triplicata ultimatum vade-mecum
veto visa    

Pour obtenir la liste des locutions latines et leur signification, référez-vous aux pages roses du Larousse ou à la liste bien fournie sur Wikipédia.

Quid des abréviations ? Elles suivent le même traitement que pour le texte en long. Exception pour certaines abréviations largement utilisées, comme « etc. » écrite en romain alors que la forme « et cetera » (rare à l’écrit) se met en italique [²]. La liste suivante est reprise du Ramat.

Locution Abréviation Signification
ad libitum ad lib. à volonté, au choix
confer cf. ou conf. se reporter à
id est i.e. c’est-à-dire
infra inf. ci-dessous
nota bene N.B. ou NB notez bien
opere citato op. cit. dans l’ouvrage déjà cité
supra sup. ci-dessus
ultimo ult. en dernier lieu

Les abréviations de plusieurs éléments composés chacun d’une seule lettre ne contiennent pas d’espace. Il est toujours préférable de choisir une abréviation d’un mot en français à celui du latin : « c.-à-d. » au lieu de « i.e. » (id est) plus souvent utilisé en anglais.

Au vue de cet article, il est difficile d’affirmer une fois pour toutes que les locutions s’écrivent en italique. Comme bien souvent, les choses sont plus nuancées. Pas simple de donner un avis tranché et définitif. À chacun de faire un choix dans les ouvrages de référence, de suivre ou non les rectifications et d’être attentif à l’évolution des mots.

[¹] « Accentuation des mots d’origine étrangère » (BDL).
[²] La forme francisée « etcétéra », conseillée par les rectifications, reste évidemment en romain.

Les mots essentiellement pluriel

En français, certains noms s’emploient uniquement au pluriel. Qui oserait parler de fiançailles, d’abdominaux ou de condoléances au singulier ? Dans certains cas, on conçoit bien la nécessité d’une pluralité, mais ce n’est pas une généralité.

Faut-il encore bien distinguer les différentes acceptions. Le mot « force » est féminin singulier quand il désigne la puissance physique, mais il est exclusivement féminin pluriel quand il se réfère au ciseau.

abdominaux abats, abattis affres aguets
ambages annales appas appointements
auspices armoiries arrhes balayures
branchies calendes cliques condoléances
confins décombres dépens ébats
entrailles environs environs (les) errements
fèces fiançailles floralies fonts
forces frais frusques funérailles
gémonies gens gravats hardes
honoraires ides lais latrines
leggings limbes lombes mamours
matines mœurs nippes nones
obsèques ossements pouilles prémices
préparatifs primeurs retrouvailles royalties
rillettes sévices ténèbres thermes
us victuailles    

On trouve aussi un certain nombre de mots employés essentiellement au pluriel mais s’utilisent également au singulier. Difficile d’établir une liste définitive et exhaustive. Aussi, les dictionnaires ne sont pas toujours d’accord entre eux sur le nombre (singulier, pluriel) des entrées. Pour le Petit Robert, l’entrée « agissements » est un nom masculin pluriel alors qu’elle est singulier pour le Petit Larousse Illustré.

abois agissements babines beaux-enfants
beaux-parents broutilles cétacés ciseaux
coordonnées directives décombres débris
doléances embûches emplettes entrefaites
épousailles floralies gallinacés grands-parents
hémorroïdes immondices lémuriens médias
ouailles oubliettes petits-enfants pourparlers
prémices représailles semailles simples

Attention, certains mots semblent posséder la marque du pluriel, mais ils sont au singulier.

anchois châssis corps embarras
entrelacs entremets fonds fonts
glas héros intrus jars
judas lacs legs lilas
mois myosotis remords pertuis
pilotis pouls puits radis
rebours remords remous relais
rollmops salmis salmigondis salsifis
semis surplis (mais pli) surplus tréfonds

Je me suis limité aux noms communs mais il existe toute une série dans les noms propres : le Marouilles, le Coulommiers, le Chablis, etc.

Citation, avec ou sans fautes ?

Le journaliste doit-il ou non laisser les fautes dans une citation ? La faute peut être de toute nature et commise à l’écrit ou à l’oral. Le journaliste doit-il reproduire mot pour mot sous prétexte de rendre la citation fidèle à son auteur ? Au contraire, considère-t-on que la faute n’apporte rien au lecteur et peut être corrigée (sans même une mention) pour autant que la nature des propos reste identique ?

D’après ce que j’en sais, la pratique des professionnels de l’information est de corriger pour ne pas alourdir inutilement la citation. L’erreur de langage n’apporte rien au lecteur, si ce n’est une occasion de raillerie pour les éventuels détracteurs. La critique sur la forme empêche du coup de s’attarder sur le fond du message.

Coluche cherche des sponsors

Dans un article sur Europe1, Coluche lance un appel pour ce qui deviendra les « Restos du cœur ». Dans son discours, l’humoriste emploie le barbarisme « sponsorer » à deux reprises. Dans la retranscription écrite, la journaliste a pris soin de corriger et d’écrire « sponsoriser » dans la citation.

Je sent l’erreur

Autre exemple, celui repris sur le site d’Arrêt sur images. Dans sa chronique, le journaliste Daniel Schneidermann reprend le texte brut de son interlocuteur Xavier Niel, fondateur de Free. Une sorte de copier-coller, comme si ce premier voulait donner plus d’authenticité aux propos malgré la présence des guillemets et de l’italique. Peut-être une façon de témoigner son amertume de ne pas avoir obtenu le scoop.

Capture Arrêt sur images
⏩ capture du site « Arrêt sur images »

Adieu les kilo en trop

La chanteuse belge Maurane ne cesse de vanter les bienfaits de Weight Watchers. Dans une vidéo diffusée sur Youtube, elle part à la rencontre de Mendy Légaz, jeune fille à avoir perdu 20 kilos. Assise sur un banc, Maurane exhibe une pancarte avec la reproduction du statut Facebook de l’intéressée. Passons sur les erreurs typographiques et le 20 écrit en chiffres en début de phrase. Pourquoi avoir abandonné le s à « kilo » ?

Capture vidéo Youtube
⏩ capture vidéo Youtube

Pas facile d’avoir des informations à ce sujet. Les journalistes et les agences de presse restent muets à mes demandes. N’hésitez pas à apporter d’autres exemples ou une expérience.

Nouvelle orthographe et les dicos

On le sait, la réforme de 1990 est une proposition de simplification de l’orthographe* et n’a rien d’obligatoire. Chacun est libre d’utiliser la graphie qui lui sied et même en alternance. Qu’on se le dise, il ne s’agit pas d’une tolérance, mais bien d’une forme correcte acceptée et validée par l’Académie française et publiée dans le Journal officiel.

Comment réagissent les dictionnaires usuels à leur égard ? Commençons par Larousse. Ce dictionnaire encyclopédique plutôt grand public parle de nouvelle orthographe. C’est dommage car elle pourrait sous-entendre que l’ancienne est dépassée et plus d’actualité. Aussi, après 23 ans peut-on toujours parler de nouveauté ? Que se passera-t-il le jour où une énième réforme viendra s’ajouter à la nouvelle ?

Larousse

Larousse intègre cette nouvelle orthographe depuis la version 2012. Elle se présente sous deux formes.

Elle est indiquée, pour chaque mot concerné, par un signe typographique (▲). Le Petit Larousse sanctionnant l’usage,si celui de la nouvelle orthographe est suffisamment attesté, celui-ci entre dans la zone entrée de l’article après la conjonction « ou ». S’il est avéré qu’elle est plus employée que l’orthographe classique, elle vient en tête de la zone entrée.Le Petit Larousse illustré 2013

Ainsi, on trouve « Cédex ▲ Cédex n.m. (acronyme) » ou « événement ou évènement n.m. ». Pour avoir vérifié une dizaine de mots, ils y sont tous. Dommage qu’on ne trouve pas le mot rectifié avec une redirection. Par exemple, je ne trouverai rien en cherchant à « ognon ». Et dire qu’on impose aux instituteurs d’enseigner cette orthographe. Plutôt déroutant pour un écolier de chercher un mot apparemment inexistant. Je suppose que ce choix est motivé par la contrainte du support papier qui oblige à faire des choix. À noter que la version en ligne, insensible à cette contrainte, ne tient pas du tout compte de ces rectifications.

Robert

Le Robert n’a pas fait le choix d’intégrer l’ensemble des rectifications. Comme bien souvent, c’est l’usage qui décide in fine si telle ou telle graphie apparaît dans le dictionnaire. Dans certains cas, on trouve les deux adossés : « évènement ou événement ». La forme traditionnelle étant préférée par l’usage, on la trouve placée en premier plan. Dans d’autres cas, c’est carrément le mot rectifié qui se trouve indexé. Ainsi, on trouve « cornflake » et plus sa forme traditionnelle en un mot. Et quand le mot n’est pas utilisé, il n’est tout simplement pas mentionné ni en entrée, ni dans l’ancienne graphie. Ainsi, aucune trace de l’« ognon ».

Je suis assez interloqué aux vues de ses pratiques. Dans mon petit calepin des difficultés orthographiques, j’ai pris la peine de toujours écrire les mots dans leur orthographe traditionnelle et de spécifier systématiquement la nouvelle orthographe dans un autre jeu de couleurs. Il me semble important de différencier les deux. Le Robert dit suivre l’usage, mais il est aussi considéré comme une référence, un modèle à suivre. Le serpent se mord la queue.

Le genre du nom des villes

Épineux problème celui du genre du nom des villes. Il serait commode d’avoir une règle qui fonctionne à tous les coups. Ce n’est évidemment pas le cas, loin de là. Exceptés les noms de pays/villes précédés d’un article (Le Caire, Le Cap, La Rochelle) difficile de déterminer le genre sans embuche. Ce dernier est fixé par l’usage, mais il est assez flottant, c’est le moins qu’on puisse dire.

En cherchant à en savoir un peu plus, on trouve une règle récurrente. Les noms de villes terminés par un e muet ou par -ie sont féminins: Rome, Venise, Athènes. Dans tous les autres cas, on opte pour le masculin (Paris, New York, Lyon). Bien entendu, les exceptions sont nombreuses et la langue courante tend plutôt à préférer le masculin. À l’inverse, on trouve plutôt le féminin dans le monde littéraire.

On peut aussi se tourner vers l’explication de Bernard Cerquiglini. Soit, on désigne la capitale en elle-même et on accorde au féminin. Soit, on fait appel à une métonymie pour désigner le pays et on accorde au masculin.

Paris [sous-entendu la ville] est belle ce matin.
Paris [sous-entendu le pays] est très réticent à s’engager.

Dans certains cas, le nom de la ville reste au masculin. Ainsi, les toponymes précédés de tout ou des adjectifs vieux, grand se gardent bien de changer de sexe. C’est aussi le cas lorsque la ville fait référence à un club sportif, un gouvernement, une population.

le Tout-Paris – le vieux Bruges – le grand Montréal
Turin a été battu à domicile.

Le sujet est vaste et complexe. Il est illusoire de penser qu’il pourrait être réduit à quelques paragraphes. Le Conseil national de l’information géographique publie notamment des « recommandations et observations grammaticales » ainsi qu’une « liste des toponymes ».

Clavier Plus

Clavier+ est un petit utilitaire qui se charge au démarrage de Windows et permet d’ouvrir des applications, afficher un texte, insérer un caractère… grâce à une personnalisation de raccourcis clavier. Il s’agit là d’un compagnon précieux prêt à vous rendre service et vous faire gagner du temps.

Je vais me limiter à présenter l’outil afin d’améliorer sa typographie par l’usage des caractères spécifiques de notre langue française. Finis les trois points en lieu et place des points de suspension, des capitales sans accentuation ou des traits d’union à la place des véritables tirets. Oubliez aussi les combinaisons farfelues de type Alt + 0171.

Comment utiliser Clavier+ ?

Après le téléchargement et l’installation, il suffit de l’ouvrir et de lui préciser vos raccourcis. Cette étape prend du temps et se fait par essai/erreur. Pour ceux qui veulent commencer avec des réglages prédéfinis, installez notre configuration. Fermez le logiciel et copier/coller le fichier Clavier.ini dans le dossier racine. Lancez l’application et observez les raccourcis prêts à être utilisés. Fermez la fenêtre et essayez-les.

Raccourci Signe Nom
Ctrl + Alt + + tiret cadratin
!  ! (espace fine insécable) point d’exclamation
;  ; (espace mot insécable) point-virgule
Maj + ,  ? (espace mot insécable) point d’interrogation
Maj + ù  % (espace mot insécable) pour cent
:  
Ctrl + Alt + E  € (espace mot insécable) signe euro
Ctrl + Alt + X  » (espace mot insécable) chevron fermant
' apostrophe
Ctrl + Maj + Alt + W guillemets ouvrants
Ctrl + Maj + Alt + X     guillemets fermants
Ctrl + Alt + W « chevrons fermants (espace mot insécable)
Ctrl + ; points de suspension
Maj + à À majuscule A, accent aigu
Ctrl + Maj + Alt + A Æ majuscule ligature AE
Ctrl + Alt + A æ ligature ae
Maj + ç Ç majuscule C cédille
Maj + é É majuscule E, accent aigu
Maj + è È majuscule E, accent grave
Ctrl + Alt + O œ ligature oe
Ctrl + Maj + Alt + O Πmajuscule ligature OE
Win + S ß eszett

Je veux mes propres raccourcis

Pas de problème. Le logiciel est assez intuitif et simple à configurer. Chacun adapte ses commandes en fonction de ses besoins et de son niveau d'exigence. Cependant, Clavier+ ne se substitue pas à un éditeur de texte ou à un logiciel de mise en page. Difficile de mettre du texte en gras, en petites capitales ou d'insérer des lettres montées (pour les abréviations par exemple).

Soyez prudents lors de la configuration des raccourcis clavier. Évitez l’usage du Ctrl + lettre car elle désactive les raccourcis habituels comme: coupé (X), copié (C), collé (V), tout sélectionner (A). N'oubliez pas que vos logiciels (Firefox, Word) utilisent aussi des combinaisons par défaut. Même s'ils sont peu utilisés, mieux vaut leur céder la place. Voyez les nombreuses espaces déjà occupés par la touche Windows ou Ctrl.

Capture du clavier
⏩ les cases noircies sont déjà utilisées avec la touche Windows

Capture du clavier
⏩ les cases noircies sont déjà utilisées avec la touche Ctrl

Il est possible de modifier ces raccourcis par défaut grâce au registre Windows, mais ce n’est pas l’objectif de cet article.

Les limites

Nous sommes nombreux à vouloir produire des textes respectueux de la typographie. Dans la pratique, ce n’est pas toujours simple et Clavier+ apporte une facilité. Pourtant, la substitution automatique des signes posent des limites. Vous avez choisi de substituer automatiquement les signes de ponctuation avec les espaces adéquats ? C’est une bonne chose, mais les règles typographiques d’espacement (pour prendre cet exemple) varient d’une langue à l’autre. Difficile d’assurer un rendu optimal de ses textes dans plusieurs langues. Autre exemple, le remplacement du signe droit anglais d’élision (sous le 4) par une véritable apostrophe incurvée est une bonne idée. En revanche, elle pose problème aux programmeurs qui devront désactiver l’outil sous peine d’avoir un code erroné. Enfin, l’application peut vous jouer des mauvais tours dans un champ de recherche, un formulaire, un programme ou tout simplement dans l’usage des smileys.

Capture écran
⏩ l'apostrophe française pose problème

Vous voilà prêt pour écrire des textes dans un meilleur respect des règles typographiques françaises. Amusez-vous !

Les notes de bas de page

La note de bas de page est utilisée dans le monde de l’édition, mais aussi dans n’importe quel document texte. Internet ne fait pas exception à la règle et on les croise surtout pour des textes longs. La note de bas de page est un commentaire explicatif sur un mot (recadrage historique, traduction, avis de l’auteur), la référence à un ouvrage, une citation… Jugée accessoire par le rédacteur, elle se trouve donc mentionnée en bas du document plutôt que dans le texte lui-même.

Capture d’un appel de note de bas de page
⏩ notes de bas de page

D’un point de vue typographique, la note se trouve généralement composée dans un corps de texte plus petit que le texte courant. Elle est signalée par un appel de note sous forme de chiffre ou d’astérisque quand l’usage est moins fréquent. Le chiffre est placé en exposant et décalé par une espace fine si le logiciel le permet, sinon il est accolé au mot. L’appel se place toujours avant la ponctuation, qu’il se rapporte au mot ou à la phrase. Le point abréviatif reste toujours collé à l’abréviation.

exemple2
exemple*,
exemple2 !
exemple2)
exemple, etc.2

Dans la partie basse de la page, la note est séparée du texte principal par un fin filet sur la justification totale de la page ou sur 1/5. On préfère l’éviter si la page est creuse. La note peut alors être rapprochée du texte.

Pour une meilleure lisibilité, le chiffre du début de la note n’est pas mis en exposant, mais repris dans le même corps que le texte et suivi par un point. Suivent ensuite un alinéa et le commentaire.

La mise en page dépend essentiellement du logiciel et de sa maîtrise par l’auteur. Les traitements de texte habituels ne permettent pas de telles finesses et proposent des ajouts préformatés.

Sur une page Web, il est courant d’utiliser les ancres nommées pour des textes longs [¹]. Une bonne solution pour passer rapidement vers le bas de la page. Wikipédia utilise largement cet usage. Cependant, je reste très mitigé sur l’ergonomie. Il existe une coupure entre le clic et l’affichage de note. Cet effet donne l’impression d’être face à une nouvelle page et les lecteurs ne comprennent pas toujours le déplacement.

[¹] À lire: « Jetez l’ancre »