Les mots rectifiés par la nouvelle orthographe

Il n’est pas simple de connaître la liste des mots touchés par ce qu’on appelle injustement la nouvelle orthographe. Cette liste de nouveaux mots a été conçue après coup en se référant à la trentaine de règles que composent les rectifications orthographiques (RO). De ces règles naissent – non pas de nouveaux mots – mais de nouvelles graphies pour des mots déjà existants (ognon plutôt qu’oignon). Les RO recommandent également une graphie plutôt qu’une autre quand il existe plusieurs variantes (clé plutôt que clef). Les mots rectifiés sont donc une conséquence de la réforme. Inutile de compter sur les dictionnaires ou tout autre correcteur en ligne pour y voir clair. La politique d’adhésion des nouvelles graphies est obscure et n’apparait pas explicitement pour le lecteur.

Certains sites, comme Renouvo, se sont prêtés à l’exercice et répertorient les mots concernés. Cette liste est tirée de la brochure « Le millepatte sur un nénufar : vadémécum de l’orthographe recommandée » (4 €). M. Landroit a notamment participé à cette brochure. Ce document, publié en 2003, atteste environ deux mille mots rectifiés. Il en compterait la moitié s’il ne prenait pas en compte les variantes et les déclinaisons d’un même mot. Le récapitulatif n’est pas exhaustif. Les auteurs ont essayé de reprendre l’essentiel. À titre de comparaison, la BDL recense environ 2750 mots rectifiés.

Livre 'Le millepatte sur un nénufar'

D’après Mala F. Bergevin, linguiste-informaticienne chez Antidote, ledit site accuse un certain retard. Le dictionnaire québécois, ainsi que d’autres ouvrages plus récents, porte ce nombre à environ cinq mille mots touchés par les RO. Selon la linguiste, l’ouvrage le plus à jour serait le dictionnaire Antidote bien sûr, mais aussi le « Grand Vadémécum de l’orthographe recommandée : cinq millepattes sur un nénufar » qui compte environ cinq mille mots. Elle nous explique que la différence s’explique dans une différence de nomenclature. Pour l’avoir consulté, on y trouve de nombreux anglicismes et régionalismes. Pas certain que cela soit très utile, mais la stratégie commerciale l’emporte souvent sur la pertinence.

Petite anecdote amusante, le titre du millepatte avait été donné un peu par hasard et finalement adopté par le reste de l’équipe pour son côté cocasse et original. Curieusement, on trouve cette histoire de millepatte et de nénufar dans le sous-titre du Grand vadémécum paru bien après le premier. Autre détail, le livre est publié aux éditions De Champlain. Et De Champlain n’est autre que le patronyme du mari de l’auteur.

« De » ou « des » devant un nom ?

Nous le savons, l’article un, une devient des au pluriel. La règle veut qu’on utilise le de si le nom est précédé d’un adjectif. Ainsi, on dira des maisons, mais de belles maisons. Pourquoi ce distinguo ?

Jadis, on ne faisait pas la différence entre l’article de et des. Le second était d’usage uniquement. C’est un grammairien qui inventât cette règle. Depuis, on dit des hommes excellents, mais d’excellents hommes. Du moins dans le langage écrit et surtout le registre soutenu, car nous ne faisons pas cette distinction à l’oral.

Seule exception, les locutions avec un nom. Par exemple, on dit des petits pois et on pourra toujours jouer sur les mots en disant que ce sont là de très petits pois.

L’élision du pauv’ con

En français, l’élision sert à supprimer une ou plusieurs lettres. On la rencontre principalement aux déterminants placés devant un mot commençant par une voyelle ou un h aspiré. Je suppose qu’il s’agit d’une facilité à l’oral pour éviter un hiatus. Je note au passage que cela ne pose aucun problème en espagnol (l’église mais la iglesia).

L’usage de l’apostrophe est une spécialité française. L’anglais peut aller se rhabiller. Et c’est sans parler du langage familier très friand de ces raccourcis. T’as pas l’heure est la forme écrite du discours oral relâché. L’apostrophe intervient également pour des mots monosyllabiques. On se souvient du présidentiel casse toi pauv’ con. Tout aussi amusant, les Belges s’émoustillent sur scène devant le groupe musical les Gauff’ au Suc’. Dingues ces Belges, dingue cette apostrophe ! Et elle s’immisce là où on ne l’attend pas, comme dans ces exemples d’apocopes : on va à la cafèt’ prendre son p’tit dej’.

Pas évident pour des nouveaux apprenants de s’y retrouver. Il est parfois tendu de percevoir les nuances entre une faute de français et le recours à des formes raccourcies induites par le langage familier. Aussi, on trouve des emplois plus archaïques : grand’mère, grand’chose, grand’place. Cette pratique n’est plus conforme aux règles actuelles, mais subsiste encore dans certains ouvrages.

Je ne connais pas tous les usages et il serait intéressant de creuser le sujet. Promis, j’en fais mon affaire. Rien ne presse… y a pas l’feu au lac.

Capture les Tuniques bleues
⏩ extrait des Tuniques bleues

Nom d’un fromage !

Les noms de fromages sont souvent donnés par antonomase. Ainsi, le camembert est le nom d’un village de l’Orne… Camembert. Devenus noms communs, ils s’écrivent sans capitale. Quelques fromages dont l’orthographe peut poser problème.

  • appenzell : deux p et deux l
  • cheddar : deux d
  • comté : un m et sans p
  • un coulommiers : deux m et un s final
  • un maroilles : deux l et un s final
  • salers : se prononce [salèr]
  • reblochon : re- et non ro-

En tant que noms simples, ils prennent la forme du pluriel à l’exception des noms composés : des saint-amour.

Langage SMS

Les lecteurs réguliers de ce blog savent tout le bien que je pense du SMS. Ce type de communication n’est pas responsable à lui seul de la baisse du niveau général chez les adolescents. Ce serait trop simple. Les causes sont multiples et plus complexes mais le SMS reste le bouc émissaire idéal et évite bien des remises en question parfois gênantes. Au contraire, ce langage offre de nouvelles occasions d’échanger et de stimuler la créativité des jeunes. Une position que ne partage pas monsieur D’Ursel dans son exposé : « Le langage SMS, ou l’impossible révolution démocratique ».

Selon monsieur D’Ursel, la retranscription phonétique est susceptible de poser problème, car elle revêt divers champs sémantiques. Certes, mais le problème est exactement le même avec les homophones parfaits… qui plus est dans une langue normalisée comme la langue française. La bière fait référence à la boisson ou au cercueil ? Le cousin désigne le moustique ou le frère de mon oncle ? Pour y répondre, il faut connaître le contexte. Il en va de même pour le langage SMS.

Quand je souhaite communiquer en français, j’utilise la grammaire, la syntaxe, le vocabulaire… toutes des notions apprises à l’école et bien au-delà. Comme tout outil de communication normalisé, la langue possède des règles à respecter. Ne pas s’y plier risque de nuire à la bonne compréhension du message. C’est valable avec une langue, ça l’est également avec n’importe quel autre outil. Pour communiquer en morse, nous (locuteur et destinataire) devons apprendre les signaux. Pour échanger en phonétique, nous devons apprendre l’API ou tout autre alphabet phonétique. Il est question de se mettre d’accord sur un outil commun.

Le langage SMS est à la portée de tous… du moins les scripteurs capables d’écrire en français. Ils possèdent donc une base commune indispensable. Ils vont ensuite s’approprier ces fondamentaux pour les agrémenter à leur sauce et produire du contenu personnalisé. C’est, entre autres, tout ce qui fait son charme et son succès. Croire qu’il faille maîtriser les subtilités de la langue pour s’adonner au SMS est un non-sens. Aussi, ce langage s’utilise généralement entre des personnes de proximité. Autrement dit, les protagonistes se connaissent. Il se crée alors des habitudes qui diminuent le risque d’erreur.

La présentation reflète assez bien ce qu’est le texto : un jeu. Il n’y a pas lieu de chercher de la cohérence à tout prix, mais de laisser un peu de folie et de légèreté. On s’amuse de la forme pour mettre tout le monde sur un pied d’égalité indépendamment de la maîtrise de sa langue.

Les internautes correcteurs

Le web permet à tout un chacun de s’exprimer librement sur un thème de son choix. Qu’il soit professionnel, amateur passionné ou simple lambda, tout le monde a cette occasion de se faire entendre sur la toile. Les blogs améliorent encore cette expérience en favorisant l’échange entre l’auteur et son lecteur grâce aux commentaires. Faut-il encore en avoir.

Pas facile de captiver l’attention de l’internaute. Fougueux, il lit entre les lignes, passe rapidement d’un coin à l’autre sans s’éterniser. L’immensité du web donne cette impression que l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Non seulement le lecteur est impatient, mais il a cette caractéristique d’être passif. Un faible pourcentage se donne la peine d’interagir. Cette minorité n’est pas représentative, mais mieux vaut y faire attention. L’auteur endosse alors le rôle de modérateur pour trier le spam, les messages tendancieux. Il devient aussi community manager en accueillant les nouveaux, en les remerciant, en répondant aux interrogations et en apaisant les tensions éventuelles.

Dans l’idéal, les commentaires sont constructifs et viennent apporter une plus-value au contenu. Seulement voilà, l’intervenant a carte blanche et ne se donne aucune limite. Déjà qu’il n’intervient pas souvent, il ne faudrait pas lui brider ce plaisir. Certains se focalisent sur une coquille, une faute de distraction. C’est toujours gênant de se faire reprendre sur ce point. L’échange dans les commentaires peut alors se briser et se concentrer sur ce qui apparaît secondaire.

Afin d’éviter ces petits désagréments, tout en profitant de la vigilance des internautes, il existe différentes techniques pour éviter que ces remarques n’apparaissent dans le flux de la conversation. En l’absence de correcteurs, le mieux est de demander directement aux internautes de prévenir l’auteur d’un article. C’est le cas d’Arrêt sur images où chaque article conséquent propose de signaler une faute. À noter qu’il n’est pas possible de commenter directement la note (sauf pour les abonnés via le forum).

Capture www.arretsurimages.net
⏩ capture http://www.arretsurimages.net

D’autres, comme Presse-citron, préfèrent le mentionner dans une mini-charte adossée au formulaire de discussion. De cette manière, la remarque est envoyée au destinataire sans passer par le blog.

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⏩ capture http://www.presse-citron.net

Le blog Copywriting-pratique tente de canaliser les éventuelles critiques de forme par l’envoi des corrections. Écrivez les mots erronés et le tout est envoyé directement à l’auteur.

Signaler une erreur
⏩ capture http://www.copywriting-pratique.com

Des amateurs passionnés de l’écrit, proposent leurs services. Pas simple de produire du contenu intéressant, captivant sans aucune faute. L’exercice est hautement plus périlleux quand la communication passe par les réseaux sociaux. Autant d’occasions de faire une bourde dans un texte écrit trop rapidement. Pour désamorcer les occasions de se voir critiquer, Correction de textes a proposé un concours à tous ses lecteurs. Audacieux pour une entreprise qui prétend en faire son métier. Une manière peut-être d’affirmer son efficacité, du moins si aucune faute n’a été relevée.

Concours Facebook
⏩ concours pour détecter les fautes

Les noms déposés

Une antonomase est une figure de style dans laquelle un nom propre (ou bien une périphrase) énonçant sa qualité essentielle, est utilisé comme nom commun. L’exemple le plus parlant est celui de monsieur Poubelle. Préfet de police, il ordonne l’usage d’un récipient de bois garni à l’intérieur de fer blanc pour toutes les ordures ménagères. C’est ainsi qu’on baptisa ce contenant. Grâce à l’usage, le mot finit par entrer dans les dictionnaires et devenir un nom commun.

Ce changement ne se limite pas aux personnes. Il agit également sur les marques. Une enseigne, une entreprise, un particulier peut décider de faire reconnaître officiellement son œuvre et de jouir des avantages : revendiquer des droits d’auteurs, garantir une technique, un savoir-faire, se protéger contre la contrefaçon et entreprendre des poursuites judiciaires, etc.

Ce nom déposé devient public et circule dans la langue parlée. Aujourd’hui, la plupart savent qu’une « vespa » désigne un cyclomoteur de la marque Vespa. Il arrive que le nom déposé se diffuse plus largement et englobe une définition plus large. Ainsi, un « kleenex » désigne un mouchoir en papier jetable, quelle que soit la marque. Adopté par un grand nombre, le mot est lexicalisé et devient par la force des choses un nom commun.

A-t-on le droit d’utiliser ces noms déposés ?

Pour ce qui concerne le droit, je n’y connais pas grand chose et je ne voudrais pas trop m’avancer en prétendant qu’on ne risque pas grand-chose en tant que particulier. Les médias sont tenus d’être vigilants, en témoigne cet extrait.

Certaines entreprises interdisent que l’on [les journalistes] utilise les marques déposées. Si un journal utilise le nom de leur marque comme un nom générique, elles lui font savoir leur mécontentement par lettre recommandée, et se réservent, le cas échéant, de poursuivre le journal. Il convient donc d’utiliser les expressions « chariot de supermarché » et non Caddie […] Le secrétariat de rédaction

Je me demande ce que vaut une poursuite devant les tribunaux pour avoir utilisé le mot « nescafé » ? Quand bien même la marque Nestlé a manifesté son intention de ne pas l’utiliser comme nom commun, nescafé reste un substantif courant et de surcroit lexicalisé. De plus, on ne trouve aucune alternative valable à ce café préparé avec une poudre soluble et de l’eau chaude. Cela dit, je ne suis pas certain que la concurrence puisse exploiter le terme avec cet argument.

Comment les écrire ?

On a coutume de dire que les noms déposés prennent une majuscule (exceptés ceux qui commencent par une minuscule : iPad). Comme les noms propres, ils sont alors invariables. Pourtant, il suffit de consulter les dictionnaires pour se rendre compte des divergences. Tout dépend de la source. Le Petit Robert a tendance à privilégier la minuscule. À l’inverse, le Petit Larousse et l’encyclopédie Universalis sont plus enclins à respecter l’usage de la majuscule : Klaxon, K-way, Coton-Tige, Thermos… 

Il n’existe pas de liste exhaustive. Wikipédia propose bien une liste fournie, mais difficile d’y apporter un crédit sérieux sans pouvoir vérifier les sources. J’ai bien tenté de vérifier dans les différents dictionnaires. Comme bien souvent, ils ne sont pas unanimes et parfois dans la même édition ! Par exemple aspivenin est présent dans une édition du Robert, mais absent dans sa version en ligne (censée être à jour). Le sopalin apparait comme mot ordinaire dans l’un et devient une marque déposée dans l’autre. On trouve le colt mais pas la kalachnikov. Sacchariné, ée est estampillé comme marque déposée mais pas saccharine. Un dernier exemple parmi tant d’autres, Antidote est le seul à considérer la vaseline comme nom commercial. Bref, tout cela manque cruellement de cohérence et difficile d’émettre un avis tranché.

Logo Facebook
⏩ logo Facebook

Une marque déposée est une marque qui a été officiellement déposée auprès d’un organisme national reconnu. Elle permet de se distinguer de la concurrence et surtout de bénéficier des protections légales. Aux États-Unis, les symboles ® (registered) et ™ (trademark) peuvent avoir une portée juridique : Botox®. En France, en Belgique et au Canada, cette mention n’est pas obligatoire, loin de là. Excepté le propriétaire (qui aura tendance à l’indiquer pour prévenir ses concurrents), il est coutume de ne pas indiquer ces sigles tout en jouissant de la même protection juridique.

Certains (surtout les Québécois) proposent d’ajouter un MD (marque déposée) en lieu et place du registered. En l’absence d’un caractère spécial, il convient donc de l’écrire en exposant après le nom de la marque : PerlissimoMD. Le trademark destiné aux marques non déposées a son équivalent MC (marque de commerce) : PerlissimoMC.

Enfin, le symbole © (copyright) est une information auprès du public pour lui préciser qu’un droit d’auteur existe sur une œuvre littéraire ou artistique. À nouveau, cette mention est facultative et n’a pas de force juridique particulière.

À titre purement informatif, voici les codes HTML.

  • Alt + 0169 : ©
  • Alt + 0174 : ®
  • Alt + 0153 : ™

Liste des noms déposés

Cette liste est tirée du petit ouvrage Vérifier votre orthographe édité par le Robert. J’ai respecté les espaces dans les sigles et l’emploi de la majuscule initiale. J’ai ajouté la définition car le mot ne désigne pas toujours le sens qu’on lui connait habituellement (cf. mystère, cigarette, minerve, quick).

Nom déposé Définition
aérotrain Véhicule aéroglisseur
accrobranche Activité de plein air qui consiste à se déplacer d’arbre en arbre.
ADSL Protocole de transmission numérique à haut débit. Recommandation officielle : raccordement numérique asymétrique
abribus Arrêt d’autobus équipé d’un abri.
airbag Coussin qui se gonfle en cas de choc afin de protéger le conducteur. Rec. off. : Coussin de sécurité
aspivenin Appareil servant à aspirer le venin injecté par un animal ou une plante.
audimat Audimètre permettant de mesurer l’audience des diverses chaînes de télévision.
baby-foot Jeu simulant le football, sur une sorte de billard muni de figurines actionnées par des tiges mobiles.
bakélite Résine synthétique, matière plastique qui imite l’ambre.
banette Pain à base de farine sélectionnée, moins long et plus renflé que la baguette.
B. C. B. G. Bon chic bon genre.
Bic Stylo à bille.
bicross Vélo tout-terrain, sans suspension ni garde-boues.
bikini Maillot de bain formé d’un slip et d’un soutien-gorge.
borsalino Chapeau masculin en feutre.
bottin Annuaire des téléphones édité par Bottin.
brumisateur Atomiseur pour les soins de la peau.
bulgomme Sous-nappe en tissu enduit de mousse de caoutchouc, imperméable, protégeant le dessus de la table des chocs et de la chaleur.
bureautique Ensemble des techniques visant à automatiser les travaux de bureau.
caddie Petit chariot métallique mis à la disposition de la clientèle. Rec. off. : chariot
caméscope Appareil portatif intégrant une caméra vidéo et un magnétoscope.
camping-gaz Petit réchaud portatif à gaz butane pour le camping.
canadair Avion équipé de réservoirs d’eau, qu’il largue pour éteindre les incendies de forêt.
caninette Moto équipée d’un dispositif pour aspirer les excréments des chiens, dans les grandes villes.
cannelé, ée Petit gâteau moelleux en forme de cylindre strié, parfumé au rhum et à la vanille.
carambar  ?*
carboglace Dioxyde de carbone solidifié utilisé pour réfrigérer.
cataphote Catadioptre.
cellophane Pellicule fine et transparente, utilisée pour l’emballage.
chamallow  ?*
chris-craft Type de bateau de plaisance à moteur.
cigarette (russe) Gâteau sec, roulé en forme de cigarette.
cinémascope Procédé de cinéma sur écran large par anamorphose de l’image.
cinérama Anciennement, procédé de cinéma sur plusieurs grands écrans juxtaposés.
coca-cola Boisson gazéifiée à base de coca et de noix de cola.
cocotte-minute Type d’autocuiseur.
colt Pistolet automatique américain.
coton-tige Bâtonnet dont les deux extrémités sont recouvertes de coton, pour nettoyer les oreilles.
couplé Mode de pari où l’on parie sur deux chevaux.
croissanterie Boutique, échoppe où l’on vend des croissants, de la viennoiserie.
cubitainer Récipient cubique, généralement en matière plastique, servant au stockage et au transport de liquides.
deltaplane Type de planeur ultra-léger utilisé pour le vol libre.
dictaphone Magnétophone qui sert notamment à dicter le courrier.
digicode Appareil sur lequel on tape un code alphanumérique qui commande l’ouverture de la porte d’un immeuble.
dolby Procédé de réduction du bruit de fond des enregistrements magnétiques.
escalator Rec. off. : escalier mécanique.
exocet Missile autoguidé, à trajectoire rasante, utilisé pour la destruction des navires.
fermeture éclair Fermeture à glissière munie de dents.
flash-ball Arme de défense qui utilise des balles de caoutchouc non perforantes comme projectiles. Rec. off.: arme de défense à balles souples.
frigidaire Armoire munie d’un dispositif frigorifique, permettant de conserver à basse température des denrées périssables.
frisbee Disque en plastique, légèrement bombé, destiné à être lancé.
gomina Produit capillaire à base, destiné à maintenir les cheveux en place.
goretex Tissu synthétique microporeux, dérivé du téflon.
gramophone Ancien phonographe à disques.
hygiaphone Dispositif perforé et transparent, équipant les guichets où des employés sont en contact constant avec le public (postes, banques, etc.).
infographie Procédé de création d’images assistée par ordinateur.
jacuzzi Bassin ou baignoire de cette marque, équipé(e) d’un dispositif qui provoque des remous dans l’eau.
jeep Automobile tout-terrain à quatre roues motrices.
kevlar Résine aramide utilisée sous forme de fibre dans certains matériaux composites.
kir Apéritif composé de vin blanc et de liqueur de cassis.
klaxon Avertisseur sonore à commande mécanique ou électrique.
kleenex Mouchoir en papier jetable.
liberty Étoffe de coton légère, souvent à dessins ou à petites fleurs, employée dans l’ameublement et l’habillement.
lycra Fibre textile de cette marque utilisée notamment dans la confection de tissus synthétiques à réseau très élastique.
maïzena Fécule de maïs préparée pour être utilisée en cuisine.
martini Vermouth produit par la firme Martini et Rossi.
meccano Jeu de construction métallique.
mercurochrome Antiseptique pour usage externe de couleur rouge.
minerve Petite machine à imprimer.
minibar Chariot circulant dans les trains pour proposer à la vente boissons et sandwichs.
minitel Petit terminal de consultation de banques de données vidéotex commercialisé par France Telecom.
minivague Permanente très souple.
mobylette Cyclomoteur de la marque de ce nom.
monotype Machine à composer qui fondait les caractères isolément.
moulinette Petit moulin à légumes, broyeur ménager.
mystère Dessert glacé à base de meringue et de glace enrobée de noisettes pilées.
nanoréseau Réseau local destiné à l’interconnexion d’un petit nombre de micro-ordinateurs.
napolitain Petit carré de chocolat fin et amer, servi avec le café.
néoprène Caoutchouc synthétique thermoplastique.
nescafé Café préparé avec une poudre soluble et de l’eau chaude.
nylon Fibre synthétique.
opinel Couteau pliant à virole, à manche de bois.
pédalo Petite embarcation à flotteurs mue par une roue à pales actionnée par des pédales.
pénichette Petite péniche de tourisme fluvial.
péritel (prise) Prise normalisée qui permet de brancher certains appareils sur un téléviseur.
photomaton Appareil qui prend, développe et tire automatiquement des photographies
pierrade Mode de cuisson des aliments par contact sur une plaque (pierre) chaude.
pippermint Liqueur titrant 18°, à base de menthe poivrée.
plexiglas Verre de sécurité, matière plastique transparente et dure.
polaroïd Appareil photographique à développement instantané.
port-salut Fromage affiné de lait de vache à pâte ferme et de saveur douce.
post-it Petit morceau de papier partiellement adhésif, repositionnable à volonté. Rec. off. : papillon.
publiphone Cabine téléphonique publique munie d’un appareil fonctionnant avec une télécarte.
pyrex Verre très résistant pouvant aller au feu.
quarté Forme de pari mutuel (analogue au tiercé) où l’on parie sur quatre chevaux, dans une course.
quick Matière synthétique dure, poreuse et rougeâtre, utilisée comme revêtement de courts de tennis en plein air.
quinté Pari mutuel sur l’ordre d’arrivée des cinq premiers chevaux d’une course.
restoroute Restaurant au bord d’une grande route, d’une autoroute, pour les automobilistes.
rhodoïd Ruban de plastique utilisé notamment en pâtisserie.
rimmel Fard pour les cils.
rotring Stylo à pointe tubulaire.
ruflette Galon que l’on coud sur l’envers en haut des rideaux afin de les froncer ou de les plisser et de les accrocher.
rustine Petite rondelle adhésive de caoutchouc qui sert à réparer une chambre à air de bicyclette.
sacchariné, ée (!) Qui contient de la saccharine.
sandow Câble élastique utilisé notamment pour fixer des objets sur le porte-bagage d’une bicyclette.
sanisette Toilettes publiques, cabine dont l’entretien est automatique.
scialythique Appareil d’éclairage qu’on utilise dans les salles d’opération et qui supprime les ombres portées.
scotch Ruban adhésif transparent.
scrabble Jeu de société consistant à remplir une grille préétablie au moyen de jetons portant une lettre, de manière à former des mots.
skaï Tissu enduit de matière synthétique et imitant le cuir.
solderie Commerce spécialisé dans la vente au rabais.
solex Cyclomoteur de conception particulièrement simple.
sonotone Audiophone* très répandu.
speed-sail Planche à roulettes munie d’une voile, utilisée sur les grandes plages éventées.
Stabilo-Boss  ?*
stretch Procédé de traitement des tissus les rendant élastiques dans le sens horizontal.
stylomine Portemine.
sucrette Petite pastille à base d’édulcorant* de synthèse, qui remplace le sucre.
technicolor Procédé de cinéma en couleurs.
téléfax Nom déposé d’un système de télécopie.
télétex Service de transmission de données alliant télex et traitement de texte.
texto Bref message écrit échangé entre téléphones portables.
tupperware Boîte, récipient alimentaire en matière plastique, à couvercle hermétique.
Velux Fenêtre conçue pour être installée dans un toit en pente.
visagiste, visagisme Esthéticien, esthéticienne qui cherche à mettre en valeur la beauté, le caractère du visage, par la coiffure, le maquillage.
volucompteur Compteur d’un distributeur d’essence, indiquant la quantité débitée.
windsurf Planche à voile.
yoyo Jouet fait de deux disques, réunis par un axe, et que l’on fait monter et descendre le long d’un fil.
zodiac  ?*

* Définition manquante dans le Petit Robert ou Le Petit Larousse.

Les mots essentiellement pluriel

En français, certains noms s’emploient uniquement au pluriel. Qui oserait parler de fiançailles, d’abdominaux ou de condoléances au singulier ? Dans certains cas, on conçoit bien la nécessité d’une pluralité, mais ce n’est pas une généralité.

Faut-il encore bien distinguer les différentes acceptions. Le mot « force » est féminin singulier quand il désigne la puissance physique, mais il est exclusivement féminin pluriel quand il se réfère au ciseau.

abdominaux abats, abattis affres aguets
ambages annales appas appointements
auspices armoiries arrhes balayures
branchies calendes cliques condoléances
confins décombres dépens ébats
entrailles environs environs (les) errements
fèces fiançailles floralies fonts
forces frais frusques funérailles
gémonies gens gravats hardes
honoraires ides lais latrines
leggings limbes lombes mamours
matines mœurs nippes nones
obsèques ossements pouilles prémices
préparatifs primeurs retrouvailles royalties
rillettes sévices ténèbres thermes
us victuailles    

On trouve aussi un certain nombre de mots employés essentiellement au pluriel mais s’utilisent également au singulier. Difficile d’établir une liste définitive et exhaustive. Aussi, les dictionnaires ne sont pas toujours d’accord entre eux sur le nombre (singulier, pluriel) des entrées. Pour le Petit Robert, l’entrée « agissements » est un nom masculin pluriel alors qu’elle est singulier pour le Petit Larousse Illustré.

abois agissements babines beaux-enfants
beaux-parents broutilles cétacés ciseaux
coordonnées directives décombres débris
doléances embûches emplettes entrefaites
épousailles floralies gallinacés grands-parents
hémorroïdes immondices lémuriens médias
ouailles oubliettes petits-enfants pourparlers
prémices représailles semailles simples

Attention, certains mots semblent posséder la marque du pluriel, mais ils sont au singulier.

anchois châssis corps embarras
entrelacs entremets fonds fonts
glas héros intrus jars
judas lacs legs lilas
mois myosotis remords pertuis
pilotis pouls puits radis
rebours remords remous relais
rollmops salmis salmigondis salsifis
semis surplis (mais pli) surplus tréfonds

Je me suis limité aux noms communs mais il existe toute une série dans les noms propres : le Marouilles, le Coulommiers, le Chablis, etc.

Citation, avec ou sans fautes ?

Le journaliste doit-il ou non laisser les fautes dans une citation ? La faute peut être de toute nature et commise à l’écrit ou à l’oral. Le journaliste doit-il reproduire mot pour mot sous prétexte de rendre la citation fidèle à son auteur ? Au contraire, considère-t-on que la faute n’apporte rien au lecteur et peut être corrigée (sans même une mention) pour autant que la nature des propos reste identique ?

D’après ce que j’en sais, la pratique des professionnels de l’information est de corriger pour ne pas alourdir inutilement la citation. L’erreur de langage n’apporte rien au lecteur, si ce n’est une occasion de raillerie pour les éventuels détracteurs. La critique sur la forme empêche du coup de s’attarder sur le fond du message.

Coluche cherche des sponsors

Dans un article sur Europe1, Coluche lance un appel pour ce qui deviendra les « Restos du cœur ». Dans son discours, l’humoriste emploie le barbarisme « sponsorer » à deux reprises. Dans la retranscription écrite, la journaliste a pris soin de corriger et d’écrire « sponsoriser » dans la citation.

Je sent l’erreur

Autre exemple, celui repris sur le site d’Arrêt sur images. Dans sa chronique, le journaliste Daniel Schneidermann reprend le texte brut de son interlocuteur Xavier Niel, fondateur de Free. Une sorte de copier-coller, comme si ce premier voulait donner plus d’authenticité aux propos malgré la présence des guillemets et de l’italique. Peut-être une façon de témoigner son amertume de ne pas avoir obtenu le scoop.

Capture Arrêt sur images
⏩ capture du site « Arrêt sur images »

Adieu les kilo en trop

La chanteuse belge Maurane ne cesse de vanter les bienfaits de Weight Watchers. Dans une vidéo diffusée sur Youtube, elle part à la rencontre de Mendy Légaz, jeune fille à avoir perdu 20 kilos. Assise sur un banc, Maurane exhibe une pancarte avec la reproduction du statut Facebook de l’intéressée. Passons sur les erreurs typographiques et le 20 écrit en chiffres en début de phrase. Pourquoi avoir abandonné le s à « kilo » ?

Capture vidéo Youtube
⏩ capture vidéo Youtube

Pas facile d’avoir des informations à ce sujet. Les journalistes et les agences de presse restent muets à mes demandes. N’hésitez pas à apporter d’autres exemples ou une expérience.

Rapport Gallois et sa coquille

Je n’ai pas lu le rapport Gallois sur la compétitivité française des différents secteurs d’activité. Tout ce que j’ai entendu c’est cette énorme faute en première page. Le « commmissaire » et ses trois m. Ce n’est même pas une faute d’orthographe mais plutôt une faute d’inattention. Qu’à cela ne tienne ! Le Monde en ligne écrira « Le choc orthographique » et les réseaux sociaux de s’enflammer.

Capture du rapport Gallois
⏩ capture de la première page

J’ai de la peine pour ce métier ingrat de correcteur. Il aura beau avoir passé des semaines à dénicher les éventuelles coquilles dans plus de 70 pages, pinailler sur des tournures de phrase, reformuler des idées, alléger des énoncés, ajuster la typographie. En fin de compte, tout ce que le buzz retiendra c’est cette bourde. C’est triste d’avoir si peu de considération pour un métier bien difficile.

Quel ramdam pour un détail aussi insignifiant. Quelle énergie dépensée pour si peu. Les médias pointent du doigt un bouclage précipité. De leur côté, les internautes dégainent à coup de moquerie. L’art est difficile, la critique est aisée. Un peu de recul et d’indulgence. À croire qu’ils écrivent tous comme des champions. Si seulement c’était vrai.