Faute grave en orthographe ?

J’ai toujours eu une orthographe moyenne et j’ai souvent commis des petites imperfections. Encore aujourd’hui, certaines de mes erreurs pourraient être corrigées si je m’attelais à un peu plus de rigueur et de réflexion. Pourtant, les contraintes liées aux mots handicapent les pensées spontanées. Raison pour laquelle j’écris d’abord selon mes connaissances et mon intuition. Ensuite, je relis et je vérifie en cas de doute. Il n’en reste pas moins quelques fautes. Et comme bien souvent, il est plus difficile de repérer ses difficultés que celles des autres.

Nul n’étant parfait, des erreurs se glissent de temps en temps. Ce n’est certainement pas volontaire. Si je pouvais avoir la certitude d’écrire sans faute, je le ferais. Alors, est-il grave de faire des fautes d’orthographe ?

Pour ma part, j’ai appris à relativiser et à être indulgent. J’essaye avant tout de comprendre l’origine de l’erreur. Il peut s’agir d’une ignorance, une faute d’inattention, un manque de relecture ou un acte volontaire. J’ai été très étonné de lire à ce sujet une interview de M. Dewaele. Ce dernier distingue les fautes d’ignorance et les fautes de négligence. Les secondes sont qualifiées de « graves ». Venant d’un grand champion, je me dis qu’il se met la barre très haut et je ne voudrais pas être à sa place en cas d’étourderie ou dans l’équipe de rédacteurs qu’il supervise.

Capture Leberation.fr
⏩ capture de http://www.liberation.fr

Pourtant, les fautes d’inattention ne manquent pas et se situent à tous les niveaux: de la petite annonce en ligne à la une d’un grand journal papier. Depuis belle lurette, la crise frappe les quotidiens. Les gestionnaires tentent de subsister en rabotant là où ils peuvent encore le faire. La correction n’échappe pas à la règle. Même si la faute en une est assez rare, elle provoque le buzz et son lot de critiques négatives.

Capture Liberation
⏩ Une du quotidien français Libération

Sur les réseaux sociaux, certains s’amusent à les pointer du doigt. Secteur en pleine effervescence, tout le monde souhaite y participer. Comme on peut le voir, ce n’est pas sans mal. Les deux captures d’écran ci-dessous sont tirées des comptes officiels Facebook du Petit Larousse illustré et du Petit Robert illustré.

Capture de la page du Larousse sur Facebook
⏩ capture de la page Larousse sur Facebook

Capture de la page du Robert sur Facebook
⏩ capture de la page du Robert sur Facebook

Des petites erreurs. Sans gravité selon moi, pour plusieurs raisons. La première est liée au support de communication. On se trouve sur un réseau social. L’écriture est bien souvent plus spontanée et plus rapide. Le support écran permet également une meilleure édition du texte. Une erreur dans un dictionnaire papier est fatale, mais elle peut être corrigée rapidement en ligne. Aussi, la gestion d’une page est reléguée au community manager. Certes, il essayera de ne pas faire de fautes, mais son rôle se cantonne bien souvent à l’animation et la régulation d’une communauté.

Je pourrais multiplier les exemples tellement ils sont nombreux. Que ce soit à la télé, dans la presse écrite, à la radio… personne n’y échappe. Je ne cherche pas à minimiser les erreurs de la part des professionnels. J’essaye juste de relativiser ces maladresses. La langue française est difficile, tout le monde est prêt à le reconnaître. De plus, nous sommes faillibles par nature et personne, pas même le plus grand linguiste, n’est à l’abri d’une coquille. Alors, souriez et continuez à écrire.

Le genre du nom des villes

Épineux problème celui du genre du nom des villes. Il serait commode d’avoir une règle qui fonctionne à tous les coups. Ce n’est évidemment pas le cas, loin de là. Exceptés les noms de pays/villes précédés d’un article (Le Caire, Le Cap, La Rochelle) difficile de déterminer le genre sans embuche. Ce dernier est fixé par l’usage, mais il est assez flottant, c’est le moins qu’on puisse dire.

En cherchant à en savoir un peu plus, on trouve une règle récurrente. Les noms de villes terminés par un e muet ou par -ie sont féminins: Rome, Venise, Athènes. Dans tous les autres cas, on opte pour le masculin (Paris, New York, Lyon). Bien entendu, les exceptions sont nombreuses et la langue courante tend plutôt à préférer le masculin. À l’inverse, on trouve plutôt le féminin dans le monde littéraire.

On peut aussi se tourner vers l’explication de Bernard Cerquiglini. Soit, on désigne la capitale en elle-même et on accorde au féminin. Soit, on fait appel à une métonymie pour désigner le pays et on accorde au masculin.

Paris [sous-entendu la ville] est belle ce matin.
Paris [sous-entendu le pays] est très réticent à s’engager.

Dans certains cas, le nom de la ville reste au masculin. Ainsi, les toponymes précédés de tout ou des adjectifs vieux, grand se gardent bien de changer de sexe. C’est aussi le cas lorsque la ville fait référence à un club sportif, un gouvernement, une population.

le Tout-Paris – le vieux Bruges – le grand Montréal
Turin a été battu à domicile.

Le sujet est vaste et complexe. Il est illusoire de penser qu’il pourrait être réduit à quelques paragraphes. Le Conseil national de l’information géographique publie notamment des « recommandations et observations grammaticales » ainsi qu’une « liste des toponymes ».

Clavier Plus

Clavier+ est un petit utilitaire qui se charge au démarrage de Windows et permet d’ouvrir des applications, afficher un texte, insérer un caractère… grâce à une personnalisation de raccourcis clavier. Il s’agit là d’un compagnon précieux prêt à vous rendre service et vous faire gagner du temps.

Je vais me limiter à présenter l’outil afin d’améliorer sa typographie par l’usage des caractères spécifiques de notre langue française. Finis les trois points en lieu et place des points de suspension, des capitales sans accentuation ou des traits d’union à la place des véritables tirets. Oubliez aussi les combinaisons farfelues de type Alt + 0171.

Comment utiliser Clavier+ ?

Après le téléchargement et l’installation, il suffit de l’ouvrir et de lui préciser vos raccourcis. Cette étape prend du temps et se fait par essai/erreur. Pour ceux qui veulent commencer avec des réglages prédéfinis, installez notre configuration. Fermez le logiciel et copier/coller le fichier Clavier.ini dans le dossier racine. Lancez l’application et observez les raccourcis prêts à être utilisés. Fermez la fenêtre et essayez-les.

Raccourci Signe Nom
Ctrl + Alt + + tiret cadratin
!  ! (espace fine insécable) point d’exclamation
;  ; (espace mot insécable) point-virgule
Maj + ,  ? (espace mot insécable) point d’interrogation
Maj + ù  % (espace mot insécable) pour cent
:  
Ctrl + Alt + E  € (espace mot insécable) signe euro
Ctrl + Alt + X  » (espace mot insécable) chevron fermant
' apostrophe
Ctrl + Maj + Alt + W guillemets ouvrants
Ctrl + Maj + Alt + X     guillemets fermants
Ctrl + Alt + W « chevrons fermants (espace mot insécable)
Ctrl + ; points de suspension
Maj + à À majuscule A, accent aigu
Ctrl + Maj + Alt + A Æ majuscule ligature AE
Ctrl + Alt + A æ ligature ae
Maj + ç Ç majuscule C cédille
Maj + é É majuscule E, accent aigu
Maj + è È majuscule E, accent grave
Ctrl + Alt + O œ ligature oe
Ctrl + Maj + Alt + O Πmajuscule ligature OE
Win + S ß eszett

Je veux mes propres raccourcis

Pas de problème. Le logiciel est assez intuitif et simple à configurer. Chacun adapte ses commandes en fonction de ses besoins et de son niveau d'exigence. Cependant, Clavier+ ne se substitue pas à un éditeur de texte ou à un logiciel de mise en page. Difficile de mettre du texte en gras, en petites capitales ou d'insérer des lettres montées (pour les abréviations par exemple).

Soyez prudents lors de la configuration des raccourcis clavier. Évitez l’usage du Ctrl + lettre car elle désactive les raccourcis habituels comme: coupé (X), copié (C), collé (V), tout sélectionner (A). N'oubliez pas que vos logiciels (Firefox, Word) utilisent aussi des combinaisons par défaut. Même s'ils sont peu utilisés, mieux vaut leur céder la place. Voyez les nombreuses espaces déjà occupés par la touche Windows ou Ctrl.

Capture du clavier
⏩ les cases noircies sont déjà utilisées avec la touche Windows

Capture du clavier
⏩ les cases noircies sont déjà utilisées avec la touche Ctrl

Il est possible de modifier ces raccourcis par défaut grâce au registre Windows, mais ce n’est pas l’objectif de cet article.

Les limites

Nous sommes nombreux à vouloir produire des textes respectueux de la typographie. Dans la pratique, ce n’est pas toujours simple et Clavier+ apporte une facilité. Pourtant, la substitution automatique des signes posent des limites. Vous avez choisi de substituer automatiquement les signes de ponctuation avec les espaces adéquats ? C’est une bonne chose, mais les règles typographiques d’espacement (pour prendre cet exemple) varient d’une langue à l’autre. Difficile d’assurer un rendu optimal de ses textes dans plusieurs langues. Autre exemple, le remplacement du signe droit anglais d’élision (sous le 4) par une véritable apostrophe incurvée est une bonne idée. En revanche, elle pose problème aux programmeurs qui devront désactiver l’outil sous peine d’avoir un code erroné. Enfin, l’application peut vous jouer des mauvais tours dans un champ de recherche, un formulaire, un programme ou tout simplement dans l’usage des smileys.

Capture écran
⏩ l'apostrophe française pose problème

Vous voilà prêt pour écrire des textes dans un meilleur respect des règles typographiques françaises. Amusez-vous !

Noms des acteurs sur les affiches

Vous vous êtes certainement déjà retrouvés face à une affiche de film avec plusieurs acteurs, dont les noms affichés ne correspondent pas à l’emplacement des personnages. Prenez cette affiche du dernier film d’Omar Sy: « De l’autre côté du périph ».

Affiche de film: De l'autre côté du périph
⏩ affiche du film « De l’autre côté du périph »

Certains évoquent une apparition par ordre alphabétique. L’argument est-il pertinent pour une affiche de film – création artistique – a fortiori quand il n’y a que deux acteurs ? Je suis dubitatif. L’autre hypothèse serait de commencer par ordre d’importance. Ah, et qui se charge de faire le classement et sur quels critères ? Untel serait plus connu qu’untel. Si tel est le cas, ça doit jazzer en coulisse.

Le dernier argument semble plus sérieux et me vient d’un spécialiste du cinéma. Dans l’exemple cité, les deux acteurs ont un rôle d’importance équivalente. En principe, notre sens de lecture nous emmène tout naturellement à regarder en premier la partie gauche de l’affiche. [Si cela est vrai pour un texte, je suis assez perplexe pour une affiche. Passons.] Les deux acteurs sont [généralement] positionnés sur un même plan. L’un est donc légèrement avantagé par le sens de lecture. Dans un souci d’équité, le nom du deuxième acteur, en l’occurrence Omar Sy, se trouve alors placé à gauche.

La pratique est connue mais elle est loin d’être une habitude. Il suffit de voyager dans les affiches de cinéma pour s’en rendre compte.

Affiche de film: Histoire d'amour
⏩ affiche de film « Une histoire d’amour »

Op. cit. & ibid.

Je suis souvent amené à lire des expressions dont je ne me donne pas la peine de comprendre le sens. Des expressions parsemées par-ci par-là dont la fréquence finit par me laisser indifférent. C’est le cas d’ « op. cit. » que je retrouve en note de bas de page de certains livres de poche.

Opere citato

Locution latine abrégée « op. cit. » et écrite en italique. Elle s’utilise dans une bibliographie (à la fin d’un ouvrage) ou en notes de bas de page.

Dans mon exemple ci-dessous, tiré du livre Zéro faute de François de Closets, l’ouvrage cité est mentionné une première fois en page 234. On trouve les noms complets des auteurs, le titre, le lieu d’édition, le nom de l’éditeur et la date de publication.

Capture du livre Zero faute
⏩ capture du livre Zero faute

Quelques pages plus loin, l’auteur fait à nouveau référence au livre. On trouve les références, mais elles sont limitées aux noms et au titre. Suit alors la formule « op. cit. » pour indiquer au lecteur de se reporter à la note précédente afin d’obtenir l’intitulé complet. C’est locution a deux significations: opere citato dans un ouvrage cité et opus citatum dans une partie d’œuvre appartenant à un ensemble plus grand.

Capture du livre Zero faute
⏩ capture du livre Zero faute

À mon avis, ce souci d’économie sert à alléger les notes. Limitée aux éléments essentiels, la page gagne en légèreté même si dans mon exemple, la différence n’est pas flagrante.

Ibidem

« Ibidem », du latin ici même, abrégé en « ib. » ou ibid. Il a la même fonction qu’opere citato mais fait référence à la note précédente. Il n’est pas utile alors de préciser l’ouvrage mais de noter la page si elle diffère.

[1] Maurice Grevisse, Le petit Grevisse, Bruxelles, De Boek, 2009.
[2] Ibid., p. 43.

Un bleu canard

De quelle couleur est le canari ? Tout dépend de la race. Il en existe de toutes les couleurs mais le jaune est sans conteste la couleur qui lui est associée. D’ailleurs, ne dit-on pas un jaune canari ? Et il en va de même pour le gris taupe, le rouge écrevisse ou encore le vert perroquet.

Plus difficile: de quelle couleur est le canard ? Un colvert mâle est plutôt gris et brun pour la femelle. Le jouet est souvent d’un jaune vif, mais là on s’éloigne de notre sujet. Alors, pourquoi dit-on un « bleu canard » ? J’ai trouvé un élément de réponse sur Wikipédia…

Son nom provient de certaines plumes de l’aile du canard colvert, identique chez le mâle et la femelle […] dans le langage populaire, (le bleu canard) correspond à la couleur du contour de l’œil du canard Sarcelle. Wikipédia

C’est un peu confus tout ça. Le bleu de l’expression ferait référence aux quelques plumes bleutées du colvert (!). On le voit assez distinctement sur le bas des ailes. La véritable couleur proviendrait plutôt de la teinte présente sur la tête d’une Sarcelle.

Envol de colverts
⏩ deux colverts à gauche et une Sarcelle à droite

À bien regarder, ce « bleu canard » ne ressemble pas vraiment à la couleur habituelle. Une simple recherche dans Google Images est assez éclairante.

Capture Google Images
Capture de Google Images

Capture Google Images
⏩ capture Google Images

Le corps humain comme mesure

Autrefois, quand les unités de mesure n’existaient pas, le corps humain servait de repère pour évaluer une distance. Naturellement, en fonction des personnes, les valeurs fluctuaient. J’imagine que la longueur précise et exprimée en centimètres n’est autre qu’une moyenne quand bien même certaines sont très pointilleuses.

Je me suis demandé si ces valeurs étaient assez proches de notre réalité. J’ai donné de ma personne en prenant mes mesures. J’ai une taille moyenne pour un homme, à savoir 1,82 m. Tous les termes ne s’utilisent plus actuellement dans leur premier sens, mais on les retrouve encore dans la littérature. Ils sont classés par ordre de longueur.

Toise – Mesure de longueur valant six pieds (soit près de deux mètres). Elle désignait la distance (prise depuis les bouts des doigts) d’une main à l’autre lorsque les bras sont étendus. Distance personnelle: 123 cm. Aujourd’hui, la toise est une tige verticale graduée, munie d’une coulisse horizontale, qui sert à mesurer la taille des personnes.

Brasse – Mesure de longueur égale à cinq pieds (environ 1,60 m).

Pas – Distance parcourue au cours d’un pas. Distance personnelle: 75 cm d’un talon à l’autre. Actuellement, le mot désigne une distance assez courte mais certainement plus éloignée d’un pas: « C’est à deux pas d’ici »

Coudée – Mesure de longueur de 50 cm. Distance personnelle: 49 cm.

Pied – Unité de mesure de longueur valant 0,3248 m. Distance personnelle: 24 cm sans chaussure (pointure 42).

Empan – Mesure de longueur qui représentait l’intervalle compris entre l’extrémité du pouce et celle du petit doigt, lorsque la main est ouverte le plus possible. Distance personnelle: 18 cm.

Pouce – Mesure de longueur, équivalant à 2,7 cm. Distance personnelle: 6,5 cm.

Le pluriel des abréviations

Les unités de mesure sont invariables et par conséquent ne prennent pas la marque du pluriel.

J’ai vendu 15 kg de pommes.

Idem pour les abréviations terminées par un point abréviatif.

cf. art. 8, 10 et 13

Les abréviations terminées par la lettre du mot, prennent généralement un s.

Mmes (mesdames), 1ers (premiers), Mes (messieurs)

Pour certaines abréviations, le pluriel se fait par redoublement des lettres. Cette pratique est ancienne mais le lexique des règles typographiques en usage à l’imprimerie nationale (référence en la matière) proscrit cet usage. On trouve ainsi des productions assez cocasses. Fort est de constater l’absence de cohérence.

M. (monsieur) MM. (Messieurs)
Mgr (monseigneur) NN.SS. (nosseigneurs)
S.M. (Sa Majesté) LL.MM. (Leurs Majestés)
R.P. (révérend père) RR.PP. (révérends pères)
P.-S. (post-scriptum) P.-P.-S. (post-post-scriptum)
p. (page) pp. (pages)

Les apocopes entrées dans le langage courant prennent naturellement la marque du pluriel.

des autos, des cinémas

Liste des anglicismes courants

J’ai repris ci-dessous une série de mots de la vie courante. Cette liste n’est pas exhaustive et le choix est très personnel. Ne sont pas pris en compte les tournures grammaticales (positive attitude pour attitude positive) ou des mots tirés des marques ou de leur inventeur (Sandwich, Klaxonner, Scotcher, Walkman), les anglicismes oubliés (computer, speaker, dancing) ou l’usage critiqué du sens d’un mot hérité de l’anglais (opportunity a donné en français « opportunité » dans le sens d’une possibilité : si vous avez l’opportunité de passer par là) ou les mots à moitié francisé (overdose: over + dose). Enfin, certains mots ont l’apparence, la prononciation, l’odeur d’un anglicisme mais n’en est pas un. Les faux anglicismes ne sont pas rares et on s’étonne souvent de mieux les connaître (speakerine [d’origine allemande] pour présentatrice télé, scrapbooking, chips).

anglicisme domaine équivalence
alternative généralités solution de rechange, choix (GDT)
attaché-case bureau mallette (GDT)
baby blues médecine dépression périnatale (?)
background informatique arrière-plan (GDT)
background sociologie base de connaissance (GDT)
badge transports passe (FT)
battle art duel (?)
best-of (best-off) art florilège, le meilleur de (?)
best-seller culture livre à succès (GDT)
black list économie liste noire (GDT)
black out aéronautique, armée silence radio (GDT)
borderline psychiatrie personnalité limite (GDT)
boycott travail boycottage (GDT)
blockbuster cinéma superproduction (GDT), grosse machine (FT)
blog internet blogue (GDT, BT), bloc-notes ou bloc (FT)
bodybuilding sport culturisme (GDT)
booster économie relancer (FT, GDT)
browser informatique navigateur (BT), logiciel de navigation (FT, GDT)
bug informatique bogue (FT, GDT, BT)
bulldozer véhicule bouteur (GDT)
burn(-)out santé syndrome d’épuisement professionnel (GDT, FT)
business économie affaires (GDT)
cameraman audiovisuel cadreur (FT, BT, GDT), caméraman (GDT)
casting audiovisuel audition (FT, BT)
casting cinéma distribution (GDT)
catch-up TV audiovisuel télévision de rattrapage (FT)
CD-ROM informatique cédérom (FT, GDT, BT)
challenge sports chalenge (FT, BT), défi (GDT)
charter transport aérien avion affrété (GDT)
chat internet dialogue en ligne (FT, BT), clavardage (GDT)
cheerleader, pom-pom girl sports meneuse de claque (CGT)
check-list généralité liste de vérification (FT, GDT)
check-up santé bilant de santé (GDT)
coach sports entraîneur (FT)
coach économie accompagnateur (GDT), mentor (FT, BT)
cookie internet mouchard (BT), témoin (FT, GDT)
cool sympathique (?)
come-back psychologie retour (?)
coming out psychologie affirmation de son identité sexuelle (GDT)
corner sports coup de pied de coin (FT, GDT)
crash transport aérien écrasement (FT), collision (?)
customiser automobile personnaliser (FT, GDT)
dance floor loisir piste de danse (?)
deal économie négociation, transaction (FT, GDT)
debriefing généralité réunion-bilan (FT, GDT)
design art stylisme (FT), design (GDT)
dispatching généralité répartition (FT)
dress-code habillement code vestimentaire (GDT)
dressing-room bâtiment vestiaire (GDT)
e-learning éducation formation en ligne (FT), apprentissage en ligne (GDT)
e-mail internet courriel (FT, GDT, BT)
fact checking journalisme vérification des faits (?)
fantasy littérature, audiovisuel fantasie (Robert)
fashion habillement mode (GDT)
fastfood alimentation restauration rapide (Robert), repas rapide (GDT)
feed-back psychologie rétroaction (GDT)
flash mob sociologie mobilisation éclair (FT), foule éclair (GDT)
fitness sports gymnastique de forme (FT), entraînement physique (GDT)
fun généralité amusant (?)
ghest loisir invité (?)
glamour cinéma éblouissant (GDT)
globalisation économie économie mondiale (GDT)
gore cinéma sanglant (?)
high-tech économie technique de pointe (FT)
hold-up droit attaque à main armée (GDT)
infotainment audiovisuel information-divertissement, infodivertissement (FT, GDT, BT)
interview journalisme entrevue (GDT)
jackpot loisir machine à sous (GDT)
kidnapping droit enlèvement, rapt (?)
know-how généralités savoir-faire (FT, GDT)
leader sports meneur (GDT)
leasing finance crédit-bail (FT, GDT, BT)
lifestyle sociologie style de vie (GDT)
light alimentation allégé (?)
live spectacle en direct, devant public (?)
loser (looser) généralité perdant (?)
low cost transport aérien compagnie à bas prix (FT, GDT)
making-of cinéma revue de tournage (GDT)
malware informatique logiciel malveillant (FT, GDT, BT)
management économie management (FT, GDT, BT)
marshmallow alimentation guimauve (GDT)
meeting gestion réunion (FT, GDT)
mess horeca mess (GDT)
mug équipement ménager grande tasse (GDT)
networking informatique réseautique (FT)
news télévision, radio nouvelles (GDT)
newsletter internet lettre d’information (FT, GDT)
nominé cinéma sélectionné (FT), finaliste (GDT)
off cinéma off (GDT)
off-shore, offshore pétrole en mer (FT)
O.K. généralité d’accord, entendu (?)
one-man show audiovisuel spectacle solo (FT, GDT)
on(-)line informatique en ligne (FT, BT)
outsider turf concurrent hors favoris (?)
outsourcing économie externalisation (FT, GDT, BT)
overbooking généralité surchargé (?)
packaging commerce conditionnement (FT, BT)
peanuts généralité presque rien (?)
pedigree zoologie pédigrée (Académie)
people audiovisuel vedette (GDT)
performer sports, arts accomplir une performance (?)
phishing internet filoutage (FT), hameçonnage (BT, GDT)
pipeline transports pipeline (FT, GDT)
pitch cinéma résumé de film (GDT)
planning généralité planification (FT, GDT)
playlist audiovisuel sélection (FT, GDT)
play-off sports phase finale (GDT)
podcasting informatique diffusion pour baladeur (FT), baladodiffusion (GDT, BT)
pop-up informatique, internet fenêtre intruse (FT), fenêtre-pub d’entrée (GDT), fenêtre surprise (BT)
premium généralité haut de gamme (FT)
preview cinéma avant-première (FT, GDT, BT)
prime-time audiovisuel heure de grande écoute (FT, GDT)
punch psychologie entrain, dynamique (?)
remake cinéma nouvelle version (GDT)
scoop audiovisuel exclusivité (FT, GDT, BT)
self(-service) commerce libre service (GDT)
serial killer droit tueur en série (GDT)
sex-toy commerce godemiché (?)
sitcom audiovisuel comédie de situation (GDT, FT)
sho(p)ping commerce magasinage (GDT), lèche-vitrine (?)
show arts spectacle (GDT)
showcase audiovisuel, arts présentation promotionnelle (FT, GDT)
showroom économie, publicité salle d’exposition (FT)
sitcom (situation comedy) audiovisuel comédie de situation (FT, BT, GDT)
smartphone télécommunications terminal de poche (FT), téléphone intelligent (GDT)
sniper défense tireur isolé (FT, BT), tireur d’élite (GDT)
sold out arts complet (?)
speech généralité discours (?)
steward sports stadiaire (FT), stadier (BT)
stand by transports en attente (FT, GDT)
standing ovation arts ovation debout (GDT)
stand-up spectacle comédie debout (?)
star cinéma, musique vedette (?)
starting-block sports bloc de départ, cale de départ (FT, GDT)
start-up économie jeune pousse (FT, GDT, BT)
steak alimentation bifteck (GDT)
sticker loisir autocollant (GDT)
story-telling communication mise en écrit (FT, GDT)
supporter sports supporteur (FT, GDT)
supporter politique partisan (GDT)
switcher généralité basculer, changer (?)
talk-show audiovisuel débat spectacle (FT), interview-variétés (GDT)
teaser audiovisuel accroche (FT)
teaser publicité aguiche (FT, GDT, BT)
thriller cinéma film à sensations (GDT)
toaster équipement ménager grille-pain (GDT)
tour operator tourisme voyagiste, organisateur de voyages (FT, GDT, BT)
trader finances négociateur (GDT)
tuning automobile personnalisation (FT), personnalisation automobile (GDT)
turnover gestion d’entreprise rotation (FT)
underground arts avant-garde (?)
vintage culture-économie rétro, à l’ancienne (FT)
vintage photographie tirage d’époque (FT)
webmaster internet administrateur/trice de site (FT, GDT)
workshop économie atelier (FT, GDT, BT)

Les termes suivis d’un point d’interrogation (?) n’ont pas d’équivalence officielle.

Il n’est pas évident de trouver les équivalences. Dans certains cas rares, le Robert indique une recommandation officielle. Il faut parfois se référer aux rectifications validées par l’Académie. Le grand dictionnaire terminologique du Québec (GDT) est un outil performant et régulièrement mis à jour. France Terme (FT) recommande des mots nouveaux pour des concepts démunis du vocabulaire adéquat ou des adaptations en bon français à du vocabulaire étranger. En Belgique francophone, il existe une banque de données terminologique (BelTerme) géré par le Conseil supérieur de la langue française[¹]. Ce dernier reprend à 90 % ce qui est publié au Journal officiel.

Ces institutions ont le mérite d’exister. Elles servent aux professionnels de la rédaction, l’administration publique, mais aussi à tout un chacun grâce à l’accès public des entrées. On note parfois des propositions baroques. Le marketing est un mot bien installé dans notre langue. Son équivalence mercatique peine à se faire une place dans les rédactions ou dans l’usage courant. On trouve d’autres mots biscornus : le papillon pour post-it, fenêtre surprise pour pop-up, filoutage pour phishing, aimantin pour magnet, ou encore gerbeur en lieu et place du Clark. Sans évocation claire, ces mots sont des curiosités linguistiques et meurent avant même d’éclore.

[¹] Le Conseil supérieur de la langue française est un organisme consultatif chargé d’émettre des avis sur toute question relative à la langue française et à la francophonie, de veiller à l’évolution de la situation linguistique de la Communauté française et de de proposer toute action de sensibilisation susceptible de promouvoir la langue française.

Tarte à la fraise

Tarte à la fraise ou tarte aux fraises ? D’un point de vue pragmatique, on fait rarement une tarte avec une seule fraise. En revanche, on peut considérer qu’il s’agit d’un nom singulier pris de manière collective. Alors, un jus de pomme ou un jus de pommes ? Il n’y a pas de règles strictes, mais des habitudes d’usage.

Les mots compote, confiture, marmelade, coulis, purée, pâte… sont suivis des noms de fruits (ou de légumes, fleurs) au pluriel. Ces termes regroupent des préparations relativement solides avec la présence des fruits plus ou moins dégradés.

compte de pommes, coulis de framboises, purée de marrons

En Belgique, il n’est pas rare de trouver « confiture aux fraises ». Pourtant, là où les fruits sont la matière essentielle de la préparation, il convient d’utiliser la préposition de.

Les mots jus, liqueur, sirop, huile, beurre, gelée… sont suivis d’un complément au singulier. Ces préparations sont pratiquement toutes liquides et on ne retrouve plus la chair du fruit. Le beurre fait exception. Quant à la gelée, elle est à mi-chemin entre l’état liquide et l’état solide, mais ne laisse plus apparaître le produit initial.

huile d’olive, jus d’orange, liqueur de mure, beurre de noisette

Bien évidemment, le complément est pluriel dans le cas où il regroupe un ensemble variétés : jus de fruits, jus de légumes.

Source : enquête linguistique, « Fruits épineux ».