Liste des sigles courants

Une liste des sigles et acronymes courants. Voir l’article pour la théorie.

Sigle Signification
AB Agriculture biologique
ABS Anti Blockier System
ADN Acide DésoxyriboNucléique
ADSL Asymmetric Digital Subscriber Line
ANPE Agence Nationale Pour l’Emploi
ASSEDIC ASSociation pour l’Emploi dans l’Industrie et le Commerce
BD Bande Dessinée
BO Bande Originale
BCBG Bon Chic Bon Genre
BM(W) Bayeri Motoren Werke
CA Conseil d’Administration / Chiffre d’Affaires
CAC 40 Cotation Assistée en Continu 40
CD Compact Disc
CDD Contrat à Durée Déterminée
CEDEX Courrier d’Entreprise à Distribution Exceptionnelle
CIA Central Intelligence Agency
CRS Compagnie Républicaine de Sécurité
CV Curriculum Vitae
DJ Disc Jockey
DOM-TOM Départements d’Outre-Mer – Territoires d’Outre-Mer
EAU Émirats Arabes Unis
EDF Électricité De France
ENA École Nationale d’Administration
ERASMUS EuRopean community Action Scheme for the Mobility of University Students
FAQ Frequently Asked Questions
FBI Federal Bureau of Investigation
FLE Français Langue Étrangère
FM Modulation de Fréquence
GIGN Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale
GM/GO Gentils Membres / Gentils Organisateurs
GMT Greenwich Mean Time (temps moyen de Greenwich)
GPS Global Positioning System (système global de positionnement)
GR Grande Randonnée
GSM Global System for Mobile
HLM Habitation à Loyer Modéré
HS Hors Service
IVG Intervention Volontaire de Grossesse
JT Journal Télévisé
KGB Komitet Gossoudarstvennoï Bezopasnosti
KKK Ku Klux Klan
KO Knock Out
LO Los Angeles
MDR Mort De Rire
MMS Multimedia Messaging Service (service de messagerie multimédia)
MSF Médecins Sans Frontières
MST Maladie Sexuellement Transmissible
NRJ Nouvelle Radio Jeune
NY/NYC New York / New York City
OGM Organisme Génétiquement Modifié
OMS Organisation Mondiale de la Santé
ONG Organisation Non Gouvernementale
ONU Organisation des Nations Unies
OPEP Organisation des Pays exportateurs
ORL Oto-Rhino-Laryngologie
OVNI Objet Volant Non Identifié
PAF Paysage audiovisuel français
PV Procès-Verbal
QG Quartier Général
QI Quotient Intellectuel
RAID Recherche Assistance Intervention Dissuasion
RAS Rien à signaler
RATP Régie Autonome des Transports Parisiens
RER Réseau Express Régional
RMI/RSA Revenu Minimum d’Insertion / Revenu de Solidarité Active
SA Société Anonyme
SAV Service Après Vente
SAMU Service d’Aide Médicale Urgente
SDF Sans Domicile Fixe
SIDA Syndrome d’Immuno-Déficience Acquise
SMS Short Message Service
SMUR Service Mobile d’Urgence et de Réanimation
SNCF Société Nationale des Chemins de fer Français
TGV Train à Grande Vitesse
TOC Trouble Obsessionnel Compulsif
TVA Taxe sur la Valeur Ajoutée
USA United States of America
VIP Very Important Person
VPC Vente Par Correspondance
VSD Vendredi-Samedi-Dimanche
VTT Vélo Tout Terrain
WC Water-Closet
WWF World Wildlife Fund (fonds mondial pour la nature)

J’ai volontairement mis des majuscules à l’initiale des mots.

Sigles et acronymes

Vous avez sans doute une idée générale du sigle. Il se range couramment dans la catégorie des abréviations. Il se compose d’une suite d’initiales de plusieurs termes. Le sigle se prononce par épellation. Ainsi, le PIB se lit [pe-i-be] et non [p-i-b]. Ce regroupement de lettres est omniprésent dans notre quotidien. Vous en connaissez certainement un bon nombre: SNCF, TVA, SA, SDF… pour n’en citer que quelques-uns. Allons voir plus loin.

L’acronyme

L’acronyme est une évolution du sigle. Non pas que le second est resté à l’état archaïque, mais l’acronyme a changé de forme au fil du temps et de son utilisation. Prenons l’exemple du substantif ovni. Dans les années 70, il se drape d’une forme majestueuse : « O.V.N.I. » (sans oublier le dernier point). Au fil du temps, l’objet volant non identifié perd ses points abréviatifs et gagne en légèreté. Progressivement, il mute en « Ovni » pour enfin devenir « ovni » et entrer dans les dictionnaires usuels. L’acronyme perd ses attributs typographiques et se soumet aux règles d’accord comme tout autre nom commun.

On parle d’acronyme dès l’instant où le sigle se prononce de manière syllabique comme un mot ordinaire. Dans notre exemple, on prononce bien [ɔvni] et non [ɔ-ve-εn-i]. D’autres ont suivi le même chemin comme pacs, smic, sida. Ce n’est évidemment pas systématique. Que deviendrait un PIB sans ses capitales, perdu au milieu d’un texte ?

Sigle ou acronyme ? Il n’est pas toujours aisé de définir la frontière entre les deux. Le cédérom est la forme francisée du sigle devenu acronyme, alors que la forme capitalisée CD-ROM mélange l’épellation (CD) et la lecture syllabique (ROM). L’azerty est un autre casse-tête. Ce mot est lu comme un mot courant en raison de sa longueur, même s’il ne représente que la succession des premières lettres sur un clavier. Le Larousse et Antidote le rangent dans les acronymes alors que le Robert écrit cet adjectif en capitales. Et que dire du TOEFL toujours écrit en capitales (sans points abréviatifs) mais lu comme un acronyme [ˈtɒfəl] ? Ou encore, le CAP diminutif du certificat (belge) d’aptitudes pédagogiques, toujours prononcé comme un sigle alors qu’il pourrait se glisser comme acronyme sans difficulté.

Le sigle

Comme on l’a vu, le sigle est la suite d’initiales de plusieurs mots. Il ne tient pas compte des mots grammaticaux comme de, sur, au. La TVA est la taxe sur la valeur ajoutée. Les exceptions viennent confirmer la règle. Ainsi, certains sigles prennent en compte ces mots de liaison afin d’obtenir une meilleure sonorité : la SDN (Société des nations), l’EELV (Europe Écologie Les Verts).

Autre caractéristique principale, le sigle se compose des initiales de plusieurs mots. Cela ne veut pas dire que tous les mots s’y retrouvent. Dans les appellations à rallonge, le sigle est allégé. Ainsi, l’accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route trouve sa contraction en ADR. Inversement, on retrouve des sigles à plusieurs lettres issus d’un seul mot. C’est le cas de l’érythropoïétine, bien connue dans le monde du dopage sportif, prend la forme d’un sigle tant au niveau de sa graphique que de sa prononciation: E.P.O. Certains sigles – connus du grand public ou d’un public cible – ont pris une nouvelle dénomination, sans l’adapter dans sa forme rétrécie. Ainsi, le CARA pour Centre d’adaptation à la route pour automobilistes handicapés s’est converti en Centre d’aptitude à la conduite et d’adaptation des véhicules en évitant de s’appeler le « CACAV ».

Aspects typographiques

Une grande partie des interrogations porte sur la typographie : faut-il mettre des points, des espaces, que faire des traits d’union ? Les réponses ne sont pas catégoriques et définitives. Les ouvrages de référence ne suivent pas toujours le même usage.

Accentuation

On le sait, l’accentuation a pleine valeur orthographique sur les capitales. Les sigles font exception à cette règle en raison de leur autonomie phonétique par rapport aux mots dont ils sont issus. On dit plus intuitivement HEC avec un e et non un é pour Hautes études commerciales. Idem pour l’EDF [e-dé-èf], un TFE [té-èf-e], ou encore l’acronyme FLE [fle]. D’autres respectent la prononciation initiale par facilité de langage  comme l’ENA [éna].

Points abréviatifs

L’usage se passe volontiers des points (CIO). Cependant, il est préférable de les ajouter dans le cas d’une prononciation alphabétique des sigles moins connus  (O.U.A.). C’est également le cas pour des raisons de lisibilité dans un texte en capitales.

Cette histoire de points peut sembler anecdotique. Pourtant, il n’est pas évident de comprendre la logique d’un ouvrage comme le Robert. Bien souvent, les sigles sont repris avec les points abréviatifs (B. C. B. G.). Dans d’autres cas, on trouve la forme sans point (FMI, GPS) ou encore les deux formes (S. M. S. ou SMS). La forme épurée des sigles courants est souvent préférée pour une question de facilité.

Traits d’union

Les traits d’union sont généralement ignorés. Le Bon usage l’utilise dans certains cas (P. -D. G., W-C). Certaines abréviations normalisées s’écrivent avec le trait d’union (J.-C.).

Espace

Aucun espace, tous les éléments sont soudés. C’est du moins la pratique la plus courante et confirmée par le Ramat. Il est à noter que le Robert met des espaces insécables après les points (B. C. B. G., B. D., C. R. S., C. Q. F. D.) tout comme le Bon usage. Je trouve cette forme particulièrement peu esthétique d’un point de vue typographique.

Capitales

Les sigles sont écrits en capitales, a fortiori en l’absence de points abréviatifs. Cette distinction typographique permet de les repérer et de ne pas les confondre avec un mot courant. Seuls les sigles en mutation vers des acronymes conservent parfois leur majuscule (Erasmus).

La recherche graphique d’un logo échappe à cette contrainte. Libre au graphiste d’interpréter comme bon lui semble et d’user ou non des capitales. Le but principal du logotype est d’insuffler une identité visuelle personnelle à une marque. Dans certains cas, ce travail esthétique a des effets sur la retranscription du sigle dans du contenu textuel. Ainsi, le parti démocrate humaniste belge cdH souhaite valoriser la dimension humaniste en choisissant de capitaliser uniquement le h.

Capture la Libre
⏩ capture lalibre.be

Langue du sigle

La signification des sigles du quotidien est souvent en langue française. L’anglais se trouve plus volontiers dans les domaines techniques, l’allemand dans le secteur automobile, etc. La méconnaissance des significations nous amène parfois à confondre l’origine. L’ABS est bien un sigle allemand et non anglais. À Bruxelles, on parle souvent de la KBR pour désigner la Bibliothèque royale de Belgique (BRB). On trouve des sigles plus rares en latin comme RIP pour Requiescat in pace (Qu’il/elle repose en paix).

Bien évidemment, le sigle est fonction du pays, de la région. Notre Société des transports intercommunaux de Bruxelles porte le sigle STIB pour les francophones. Il est souvent lu comme un acronyme [stib]. En flamand, la société devient « MIVB » que l’on énonce comme un sigle. En anglais, c’est un mix des deux: version francophone mais énonciation comme un sigle: [ès-ti-aï-bi]. Pour une raison mystérieuse, la société a choisi le sigle en français pour la version anglophone de son site internet.

Capture du site web de la STIB
⏩ capture du site web de la STIB

Un autre exemple cocasse à épingler est celui du sigle UTC utilisé pour les fuseaux horaires. Vient-il de l’anglais ou du français ? En réalité, il s’agit d’un compromis entre les deux langues. En français, le Temps Universel Coordonné s’abrège TUC. En anglais, le sigle originel est CUT pour Coordinated Universal Time. Pour mettre tout le monde d’accord sur la langue, les experts des télécommunications ont créé cet hybride UTC.

La connaissance de la langue est important notamment dans le code source des pages internet. Elle apporte une indication précieuse aux robots dont la principale activité est d’analyser et interpréter le contenu d’une page HTML. Le code à utiliser pour une langue donnée est standardisé (cf. ISO 639-1).

<abbr title="Schutzstaffel" lang="de">S.S.</abbr>
<abbr title="United States of America" lang="en">USA</abbr>

Prononciation et langue

Contrairement à une abréviation, un sigle se lit par épellation. Chacune des lettres est énoncée individuellement sur base de notre alphabet latin. Le JT se prononce [gi-té]. La PJ se lit [pé-gi]. Dans d’autres cas, la prononciation de la langue respecte l’origine du sigle  : MTV, BBC. Le choix d’une langue n’est pas toujours très clair. On ne comprend pas bien pourquoi le FBI prend une couleur anglo-saxonne [èf-bi-aï], alors que la CIA trouve une prononciation française [sé-i-a].

En Belgique, pays multilingue, le sigle du parti politique flamand CD&V se lit en néerlandais [cé-dé-èn-vé »] des deux côtés du territoire. Autre particularité, le w est parfois prononcé comme en néerlandais [wé] (W-C [wé-ssé], BMW (bé-èm-wé]) alors que le club sportif bruxellois RWDM se dit sans déformation de la consonne. Le e est prononcé en flamand: ONE [o-èn-é], ALE [a-èl-é].

Sigle à une seule initiale

Par définition, le sigle comporte plusieurs lettres. Pourtant, certains ouvrages classifient l’abréviation d’une lettre comme sigle dans la mesure où cette dernière est lue par épellation. Le système D se réfère à la débrouille. Le jour J (D-Day en anglais) fait référence au débarquement en Normandie, mais aussi à un moment précis programmé. Le plan B n’est autre qu’un plan de secours au plan initialement prévu. Détaler à vitesse grand V est une expression commune pour insister sur la rapidité. Une série B est un film de piètre qualité.

Pluriel et genre

Contrairement à l’anglais, les sigles ne prennent pas la marque du pluriel. Seule exception, les acronymes francisés. On écrit donc « des OGM » mais « des ovnis ».

Le genre dépend du premier mot du sigle. « Un CDD » n’est autre qu’un contrat à durée déterminée. Par ignorance, certains sigles ont changé de sexe. On entend plus volontiers parler d’« un HLM » quand bien même il désigne une habitation au loyer modéré. « Les CRS » désignent initialement les compagnies républicaines [françaises] de sécurité. Par métonymie, le policier a pris le nom du sigle : « un CRS ». Il convient de respecter au mieux le genre. On entend de temps à autre parler « du PAF » pour une soirée, alors que le sigle désigne une participation aux frais.

Les sigles, dont l’origine est étrangère, héritent du genre du substantif principal en français. Le CD s’est rapidement fait volé la vedette par le DVD. En revanche, le VIP reste masculin malgré sa personne très importante.

Dérivés

Entrés dans le langage courant, certains sigles produisent des dérivés : nom, adjectif, verbe. Le cégétiste est membre d’un syndicat français. Le RMIste [¹] (ou érémiste) vit, tant bien que mal, de ses faibles revenus. Il en existe toute une flopée d’autres: sidéen, onusien, bédéphile, se pacser, smicard, etc.

La science des ovnis aurait pu donner l’« ovnilogie ». Dans ce cas précis, les dérivés sont construits sur la forme originale anglaise « UFO ». Le sigle a donné naissance à l’ufologie pour la science et ufologue pour le spécialiste.

Forme longue

Afin d’être correctement compris, l’auteur d’un article veillera à expliciter le sigle dès la première occurrence et a fortiori s’il s’adresse à un large public. Cela évitera également le risque de confusion en cas de polysémie du sigle. Par exemple, l’IMC peut être l’indice de masse corporelle ou un infirme moteur cérébral. En général, le contexte limite le risque de confusion à moins de provoquer un jeu de mots: SDF pour sans domicile fixe ou stade de France ?

Au niveau de la présentation, on retrouve principalement deux formes. Le sigle apparaît en premier suivi de sa signification mise entre parenthèses ou inversement.

L’O.U.A. (Organisation de l’unité africaine) a existé de 1963 à 2002.

Dans sa forme longue, le sigle respectera les règles d’orthotypographie de la langue notamment en ce qui concerne l’usage des capitales.

intervention volontaire de grossesse (IVG)
Intervention Volontaire de Grossesse
produit intérieur brut (PIB)
Produit Intérieur Brut

Sur le web, il est courant de personnaliser la balise <abbr>. L’attribut title donne la description intégrale des initiales. Elle apparait au survol de la souris mais sert également les moteurs de recherche. L’attribut lang précise la langue du sigle en question. Il ne doit être complété uniquement si la langue du sigle diffère de l’encodage définit dans l’entête de la page.

Abréviation, initiale, apocope…

Il est facile de se perdre dans la terminologie. Dans la vie courante, les abréviations sont souvent utilisées pour désigner aussi bien un sigle, un acronyme, une apocope, une unité de mesure ou toute autre forme abrégée d’un mot. Pourtant, chaque terme peut être distingué. Petit récapitulatif…

Comme présenté ci-dessus, le sigle est une suite d’initiales de plusieurs mots. On lit un sigle lettre par lettre. Dans le cas des noms et prénoms, on parlera plutôt des initiales. Les personnalités connues dont le nom est trop compliqué ou trop long n’hésitent pas à les utiliser: PPDA, JCVD, NKM, etc. Un acronyme est un sigle (majuscule initiale, sans points) lu comme un nom courant. Une fois lexicalisé, il est écrit tout en minuscule. L’apocope est la suppression d’une partie du mot pour en faire un nouveau mot. Il ne contient pas de point, il se lit comme il s’écrit et prend la marque du pluriel. On dira une [ôto] (et on écrira auto sans point abréviatif) et des autos, même si le mot initial est « automobile ». Une abréviation est le retranchement d’une ou plusieurs lettres dans un mot. Dans la plupart des cas, on abrège à la première syllabe suivie de la première consonne. À l’oral, on prononce le mot dans son entièreté – contrairement à l’apocope. Personne ne dit [èts] en voyant « etc. », mais plutôt [ètsétéra]. Enfin, l’unité de mesure respecte strictement la typographie. La minute de temps s’écrit « min » (sans point ni majuscule) et pas autrement.

Les sigles dans les dictionnaires et correcteurs

Les dictionnaires répertorient un certain nombre de sigles. Leur prolifération dans la vie courante ou dans les domaines spécialisés ne permettent pas de tous les inventorier. Ce n’est d’ailleurs pas la vocation du dictionnaire. Par conséquent, le lecteur devra sans doute se référer à d’autres sources en cas de doute sur la signification d’un sigle.

Assez logiquement, les sigles de noms communs sont classés dans la partie réservée aux noms communs d’un dictionnaire. On trouve donc ADN dans la première partie (en dépit des majuscules). Il en va de même pour les noms déposés sous forme de sigle, comme ADSL. À l’inverse, les sigles de marques sont rangés dans la partie des noms propres. Par exemple BBC.

Même cacographie pour le correcteur Antidote. Bien souvent, il propose deux formes sans espacement et en capitales (BBC, B.B.C.). On trouve également des cas particuliers sans vraiment comprendre la logique : en bas de casse (b.c.b.g.), espacement (H. S.), trait d’union (S.-F.).

Capture Antidote
⏩ capture du logiciel Antidote

Conclusion

On le voit bien, les sigles sont nombreux (cf. liste des sigles courants) et touchent tous les domaines. Bien qu’on puisse observer des grandes tendances et émettre des généralités, fort est de constater une certaine anarchie dans la démarche d’écriture. Aussi, les dictionnaires et autres ouvrages de référence ne sont pas toujours sur la même longueur d’onde.

[¹] Le RMI a été remplacé par le revenu de solidarité active (RSA) depuis 2005.

L’abréviation de « compagnie »

Vous avez sans doute déjà aperçu l’abréviation suivante: « Éditions Gérard & Co ». À première vue, pas d’erreur sauf que Co est l’abréviation anglaise pour Company. Le mot français Compagnie s’abrège Cie. Quand il fait partie de la raison sociale et placé en début, alors il prend une capitale initiale et s’écrit au long. Il en va de même pour « Société » (S) et « Établissements » (Éts).

La Compagnie nationale du Rhône
Dupont & Cie

Les abréviations

L’abréviation existe depuis longtemps. Dès l’époque romaine, les scripteurs utilisaient des formes abrégées pour faire tenir le texte dans un espace physique limité. D’autre part, il s’agissait d’un moyen économique. Plus tard, la typographie a recopié ces abréviations et ligatures en limitant son accessibilité à l’élite. Il a fallu attendre près d’un siècle pour qu’on retrouve un langage écrit compréhensible aux personnes instruites.

Aujourd’hui, l’abréviation se retrouve au quotidien, a fortiori dans des espaces physiques restreints. Les petites annonces de journaux gardent cette habitude du retranchement. Même chose dans l’espace immatériel du langage SMS ou des sites dits de microblogging comme Twitter. Dans la mesure du possible, on veillera à écrire les mots tout en long dans un texte courant. À ce sujet, retenons les propos d’Aurel Ramat: « un mot abrégé est en quelque sorte une impolitesse envers le lecteur ».

Je n’aborderai pas ici les abréviations de prise de notes manuscrites que l’on retrouve chez la plupart des étudiants universitaires. Avec le temps, certains mots ont pris une graphie particulière (psychologie → Ψ) ou des fins de mots (action → act°). Les notes étant quelque chose de très personnel, l’étudiant est libre de créer ses propres abréviations (être → ê), utiliser les symboles existants (travail → W ), se servir d’un caractère d’une langue étrangère (diamètre → ⌀[¹]) ou avoir recours aux icônes (femme → ♂). Pour assurer une relecture efficace, il est conseillé d’annoter dans la marge la signification des abréviations personnelles, du moins en début de texte.

Règles générales

Les quatre techniques de retranchement ci-dessous expliquent comment se construit l’abréviation. Reste à savoir quel modèle suivre dans la pratique. À vrai dire, je ne connais pas la norme dans toutes ses finesses. Certains mots n’ont qu’une seule abréviation autorisée alors qu’ils pourraient s’abréger selon d’autres méthodes. Je pense notamment à monsieur (M.)[²]. Inversement, il existe une certaine tolérance pour d’autres termes. Le boulevard s’abrège librement « bd », « boul. » ou encore « bld » comme sur cette plaque.

Plaque de rue à Namur
⏩ plaque d’une rue à Namur

1. Lettre initiale

Seule la lettre initiale est conservée et suivie d’un point abréviatif. Exception faite pour les points cardinaux ou d’autres symboles du système international d’unités exempts du point final.

M. monsieur
f. feuillet
N Nord
t tonne

2. Lettre initiale et finale

On retranche (supprime) les lettres médianes et la (les) lettre finale maintenue est mise en supérieur ou bas de casse, sans point abréviatif.

no numéro
Mlle mademoiselle
vo verso

3. Lettre initiale, médiane et finale

On supprime des lettres à l’intérieur du mot pour ne conserver que la lettre initiale ainsi qu’une ou plusieurs consonnes dont la consonne finale. Remarque: l’accentuation des capitales est obligatoire sauf pour les sigles ou symboles.

Mgr monseigneur
Éts Établissements
qqn quelqu’un

4. Première syllabe

On conserve la première syllabe ainsi que la (les) consonne(s) précédant la voyelle de la deuxième syllabe et on remplace le reste du mot par un point abréviatif. Sauf exception, on doit toujours retrancher au moins trois lettres: abréger « page » en « pag. » n’aurait aucun sens. Toutefois, l’usage tolère « id.nbsp;» pour «nbsp;idemnbsp;» et quelques autres cas particuliers.

Hab. habitant
biol. biologie
env. environ
supp. supplément

Règles particulières

Les symboles

La plupart des unités de mesure sont symbolisées par des abréviations légales. On n’utilise pas de point abréviatif. À noter que ces abréviations sont invariables (kms) et conservent la casse quel que soit le contexte (LA RÉUNION DÉBUTE À 20 h). On sépare la valeur du symbole par un espace insécable. Dans le cas des degrés, sa nature (Celsius, Fahrenheit) est toujours accolée au symbole degré.

mm millimètre
ha hectare
kW kilowatt
32 °C
14 h 30

Trait d’union

Les mots composés conservent le trait d’union sous sa forme abrégée même pour les capitales.

c.-à-d. c’est-à-dire
É.-U. États-Unis
J.-C. Jean-Claude

Marque du pluriel

Généralement, les abréviations ne respectent pas la marque du pluriel et sont par conséquent invariables.

art. articles
p. pages
ex. exemples

Ce cas général ne s’applique pas aux apocopes; ces mots dont la fin a été supprimée et sont rentrés dans le langage courant. Ces apocopes prennent le pluriel et gardent le même genre que le mot entier. Remarquez la forme particulière du mot raccourci, souvent pour des raisons de prononciation: dico (dictionnaire), frigo (frigidaire) et des apocopes plus familières comme clodo (clochard) ou dirlo (directeur).

ados adolescents
restos restaurants
profs professeurs

D’autres exceptions prennent la marque du pluriel dans leur forme abrégée. C’est le cas des nombres ordinaux, de certains titres de courtoisie ou civilité et d’autres abréviations.

1ers premiers
nos numéros
Drs docteurs
Stes saintes

Conclusion

En y regardant de plus près, on constate que les règles ne sont pas forcément toutes logiques (capitale, retranchement, point abréviatif, sigle) et les exceptions nombreuses. Aussi, mieux vaut être certain de l’orthographe correcte au risque de prêter à confusion sur le sens des mots. Par exemple, « t » est le sigle de la tonne, « t. » l’abréviation de tome, « T » le sigle tesla et enfin « T. » est l’abréviation de taxe. En cas de doute, mieux vaut consulter un ouvrage de référence ou écrire le mot en toutes lettres.

[¹] Ce sigle est celui du diamètre. À ne pas confondre avec le caractère danois (appelé en français o barré) présent également dans l’alphabet phonétique international.
[²] Lire le billet: « L’abréviation absurde de monsieur ».

Abréviation des adjectifs numéraux

À force de voir cette abréviation constamment usurpée, on finirait presque à renoncer de l’écrire correctement. Pourtant, il n’en est rien. Les sites web et médias audiovisuels commettent volontiers la bourde. Pourtant, on abrège correctement: 1er, 1ers, 1re, 2e, 2es, 3e… Il en va de même pour 2d (second), 2de (seconde), 1o (primo), 2o (secundo), 3o (tertio). Les minuscules sont mises de préférence en lettres supérieures.


⏩ capture 1ere-position.fr

Abréviation de « numéro »

Une erreur courante est de croire que l’abréviation de numéro est n0 (n + zéro) ou n° (n + signe degré). D’ailleurs, on ne comprend pas trop bien ce que viendrait faire un degré Celsius ou Fahrenheit dans l’histoire ! Le n correspond à la lettre initiale du mot, le o à la dernière. L’abréviation se fait par retranchement médian, on indique donc le o en hauteur: no. Cette règle vaut pour la forme au pluriel (nos) ou d’autres abréviations.

primo 1o
secundo 2o
tertio 3o
recto ro
verso vo
folio fo

Notez qu’en anglais, la forme courte de number est no. (avec un point).

De la hauteur pour les abréviations

Il est courant de mettre les dernières lettres de certaines abréviations en lettres supérieures. C’est le cas des abréviations par retranchement des lettres médianes: Mlle, Mgr, Cie… Les lettres finales – toujours en bas-de-casse – sont maintenues en suspension et sans point abréviatif. Ce souci typographique n’est pas obligatoire mais apporte de l’élégance aux mots.

Comment réaliser des lettres montées ? Tout dépend de votre environnement. Dans Word, le texte est sélectionné puis mis en exposant via le menu Format > Police. Sur une page web, une solution rapide consiste à imbriquer le texte entre des balises <sup> et <small>. Avec un texte de petite taille et espacé par défaut, l’interlignage risque de s’étirer. Afin d’éviter ce problème, et pour plus de finesse, il est préférable d’éditer sa feuille de style.


⏩ capture alafortunedumot.blogs.lavoixdunord.fr

Quel que soit votre choix, tous les navigateurs ne réagissent pas de la même manière et des différences d’affichage sont susceptibles d’apparaître. Par prudence ou pour toute autre raison, on se contentera d’écrire l’abréviation en minuscules.

Enfin, sachez que les abréviations ne sont pas toujours bien interprétées par les lecteurs vocaux (utilisés notamment par les malvoyants). Si les enjeux d’accessibilité vous tiennent à cœur, il est plus prudent d’écrire les abréviations en toutes lettres.

L’abréviation absurde de « monsieur »

Le sujet des abréviations est vaste et il y a des choses à dire. Rien que l’abréviation de « monsieur » fait couler beaucoup d’encre sur les forums et autres blogs. Le retranchement correct est « M. » (majuscule et point abréviatif) un point c’est tout. La règle est là et il faut s’en accommoder quand bien même on n’est pas d’accord. C’est là tout l’intérêt du code typographique; permettre à un groupe de se comprendre grâce à une base commune.

Alors, quel est le problème avec cette abréviation ? Pour la petite histoire, Grevisse précise qu’à partir de 1762, l’Académie française opte pour l’abréviation « M. » alors qu’elle préconisait « Mr » et même « Mr. ». L’histoire ne donne pas les raisons de ce changement. Aujourd’hui, très peu se soucient de cette volte-face. Même les adeptes de la réforme orthographique sont passés à côté. C’est dire qu’il laisse relativement indifférent.

Pour y voir clair, observons la méthode utilisée pour les différentes civilités.

Monsieur M.
Messieurs MM.
Madame Mme
Mesdames Mmes
Mademoiselle Mlle
Mesdemoiselles Mlles

Toutes les civilités (exceptés Monsieur et Messieurs) suivent la règle du retranchement médian; on garde la lettre initiale ainsi que les dernières lettres. Nul besoin d’un point abréviatif. Dans la mesure du possible, les dernières lettres sont mises en hauteur. D’autres abréviations comme « Dr » (docteur) ou « Pr » (professeur) suivent également cette règle. Voilà donc un second élément qui ne plaide pas en faveur du « M. ». Continuons notre bonhomme de chemin.

D’aucuns diront que l’abréviation de « Mr » est la forme abrégée de « Mister » en anglais. Ah bon ? Et pourquoi notre belle langue française utilise-t-elle un mot anglais pour faire une abréviation en français ? Si cette abréviation correspond à « Mister », il est fort à parier que « Misters » s’écrive « Mrs » dans sa forme abrégée. Or, « Mrs » (sans point) est l’abréviation pour « Mistress » (Madame).

Notons au passage la forme au pluriel avec le redoublement de la lettre initiale et un point abréviatif: « MM. ». Cette façon de former le pluriel est tiré des règles typographiques de l’Imprimerie nationale française. Pourtant, on trouve quelques pages plus loin une contradiction: « On proscrira la répétition des signes ou des lettres pour indiquer la pluralité ».

Enfin, l’abréviation en vigueur en bon français est susceptible de créer la confusion dans certains cas. Imaginons un journaliste reprendre les propos d’un politique de l’extrême droite. La citation est — en principe — suivie du nom de l’auteur. Que faut-il comprendre face à « M. Le Pen » ? S’agit-il de l’initiale du prénom de Marine ou l’abréviation de monsieur ?