Retranscription phonétique

Sur un site de langue française, il parait évident de communiquer la prononciation d’un mot sans équivoque. Exercice périlleux surtout quand on souhaite s’adresser à un large lectorat, du quidam au plus expérimenté.

Au début, je pensais offrir une retranscription phonétique par assemblage. C’est d’ailleurs ce que fait l’enfant en apprentissage de la lecture. Il lit chaque lettre les unes à la suite des autres pour former in fine un mot. La mémorisation de chaque lettre énoncée permet la découverte du mot. En fonction de sa bibliothèque de mots appris, il pourra lui donner un sens. Le « piano » est un mot, mais aussi et surtout un objet matériel identifiables par l’ensemble des locuteurs qui partagent notre langue. Dans cet exemple, toutes les lettres sont prononcées sans difficulté. Or, le français n’est pas aussi simple.

Comment, par exemple, faire entendre les voyelles nasales : [an] (divan), [in] (infantile), [on] (garçon), [un] (lundi) ou encore le [ch] (cheval), le [nll] (vigne), [ing] (parking) ? Ces phonèmes (sons) ne se retrouvent pas directement sous la forme de lettre. Il fallait donc trouver un alphabet spécifique capable de proposer tous les sons de la langue française. Celui-ci existe et porte le nom d’alphabet phonétique international (API) [¹]. Il est d’ailleurs utilisé par le Petit Robert et le Larousse pour les mots qui posent éventuellement une difficulté.

En parlant de ces deux ouvrages de référence, il faut faire quelques distinctions pour les versions en ligne. Le Larousse a choisi de proposer gratuitement une version allégée de son dictionnaire avec un nombre important de publicité. Aucune retranscription phonétique n’apparait si ce n’est la lecture vocale automatisée qui donne des résultats très mitigés [²]. En revanche, la version en ligne payante du Robert est plus fiable. En plus d’avoir l’API sur tous les mots, une lecture vocale adaptée est proposée pour les mots difficiles.

Capture le Robert en ligne
⏩ capture le Robert en ligne

Capture le Larousse en ligne
⏩ capture le Larousse en ligne

La banque de dépannage linguistique – référence pour toutes les questions relatives à la langue française – a choisi d’adopter l’API. Seuls quelques caractères ont été adaptés pour mieux correspondre aux prononciations québécoises. Pour visualiser correctement tous les signes, il faut impérativement télécharger et installer une police spécifique (API TLFQ). La retranscription API se fait entre crochets, suivie – occasionnellement – d’une prononciation plus accessible entre parenthèses.

Capture BDL
⏩ capture de la BDL

Je pourrais faire le tour d’autres grands noms comme le Littré, le Hanse, le Bon usage. Une petite visite des autres dictionnaires, notamment en langue anglaise, serait un bon exercice pour se faire une idée plus globale de l’approche phonétique. La démonstration, somme toute intéressante, risque de tirer en longueur.

Capture Cambridge en ligne
⏩ capture du Cambridge en ligne

L’alphabet phonétique international

L’API possède de nombreux avantages. Le principal se résume comme suit : un seul signe pour un seul son et un seul son pour un seul signe [³]. Une sorte d’universalité dans la retranscription des sons. Cela suppose donc un ensemble de caractères communs avec d’autres langues proches du français. Seul gros inconvénient à mes yeux : il n’est pas entièrement intuitif même pour des locuteurs francophones. En effet, certains signes proposés par l’API s’éloignent de notre alphabet latin et de nos habitudes. Difficile de déduire que le son [ch] (cheval) est transcrit par le signe « ʃ » et « y » symbolise le son [u] (unisson). Sur les 37 signes proposés, seuls 17 nous sont familiers.

Par ailleurs, certains lui reprochent son manque de finesse. Par exemple, aucune distinction n’est faite entre un son court et long : mou [mu] et moue [mu] ; un fait [fɛ] et une fête [fɛt]. C’est étrange de ne pas retrouver la marque de longueur symbolisée par deux points (ː) comme on le retrouve en anglais (feast [fiːst]). Sans doute une volonté de ne pas alourdir la prononciation.

Reste à trouver la bonne forme pour rendre compréhensible cet alphabet au quidam. La plupart des dictionnaires ont choisi la forme entre crochets [xx] quand il s’agit de l’API. On a plus rarement des parenthèses (xx) ou entre barres obliques /xx/. Face à cette disparité, il est toujours bon de se référer au début de l’ouvrage papier pour se familiariser avec les signes de la phonétique en usage. Dans mon cas, j’ai opté pour les crochets.

Enfin, les caractères spéciaux appartenant à l’API ne se trouvent pas nativement dans toutes les polices d’écriture. Voici les fontes compatibles avec l’alphabet universel: Arial, Arial Unidcode MS, Charis SIL, Courier New, Doulos SIL, Gentium, Lucida Grande, Lucida Sans Unicode, Microsoft Sans Serif, Seoge UI, Tahoma, Times New Roman.

L’alphabet phonétique du français

En cherchant sur la toile, je suis tombé sur l’alphabet phonétique du français (APF). Il a le mérite d’être plus accessible, mais conserve des caractères spéciaux pour certains sons (ö pour le son [eu], ê pour le son [in]). La retranscription du Littré semblait plus adaptée : [ch] (chat), [é] (éléphant), [è] (grève), [an] (divan), [on] (gond), [z] (zèbre), [k] (klaxon), [ll] (tra-vall), [j] (a-jin-da), [â] (âtre), [ô] (peau), [eu] (jeu). Sa principale qualité en fait son principal défaut : très léger et accessible, mais imprécis. Comment faire prononcer le son [ane] (manne) quand le couple an correspond au son [an] (grand) ? Pourquoi la moue est-elle retranscrite [moue] dans l’expression faire la moue, alors que le e est muet ? On trouve d’autres exemples comme le pudding [pou-dingh].

L’alphabet phonétique français

Le collectif Ortograf-FR milite pour une orthographe simplifiée et l’utilisation d’un alphabet phonétique français. Selon ce collectif, l’API est trop complexe pour les apprenants et ne reproduit pas suffisamment les nuances en français (par exemple la prononciation entre paix et pet). Cet alphabet contiendra une touche « digramme ». Cette dernière permet de relier deux lettres successives par un trait. Ainsi, les voyelles nasales (ou, an, in, eu) pourront être rapidement identifiées, tous les autres signes étant séparés.


⏩ capture Alphabet-fr

L’idée est intéressante mais elle nécessite la connaissance du principe de base. Après, la mise en pratique n’est pas idéale pour le web (utilisation d’un fonte de caractères spéciale), l’alphabet est peu (re)connu, comporte certaines incohérences et n’est pas finalisé.

À lire les articles du collectif, on est en droit de se poser certaines questions. Un dénigrement systématique envers les rectifications orthographiques. Cette critique virulente va de pair avec la valorisation et l’ingéniosité de leur alphabet, présenté comme le saint Graal dénué de toutes contraintes. Ils font régulièrement état de leur sentiment de sabotage de la presse à leur encontre et de la censure sur Wikipédia. La paranoïa est un autre élément récurrent du discours. Bref, il y a lieu d’avoir des réserves.

[¹] Voir le tableau des signes de l’API.
[²] Essayez « tiramisu » ou le fromage « munster ».
[³] C’est du moins la théorie. Je note par exemple que le symbole phonétique [r] censé représenter le même son, est différent en anglais (car) et en français (rouler). Idem pour le [e] qui se prononce é (thé) en français et è (egg) en anglais. Inversement, le son /a/ est retranscrit en phonétique par le signe [a] en français et [æ] dans l’autre langue. En anglais, on trouve des combinaisons de voyelles formant un seul signe phonétique – aussi appelé diphtongue (phone [əʊ]). Autre élément troublant, dans la retranscription phonétique française, l’apostrophe en début de mot spécifie un h aspiré [’aʀiko] alors qu’en anglais ce signe précède l’accent tonique (stressed syllable) [’pɜː.fekt]. Toutes ces variantes en fonction de la langue ne convergent pas vers un alphabet universel.

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Les mots rectifiés par la nouvelle orthographe

Il n’est pas simple de connaître la liste des mots touchés par ce qu’on appelle injustement la nouvelle orthographe. Cette liste de nouveaux mots a été conçue après coup en se référant à la trentaine de règles que composent les rectifications orthographiques (RO). De ces règles naissent – non pas de nouveaux mots – mais de nouvelles graphies pour des mots déjà existants (ognon plutôt qu’oignon). Les RO recommandent également une graphie plutôt qu’une autre quand il existe plusieurs variantes (clé plutôt que clef). Les mots rectifiés sont donc une conséquence de la réforme. Inutile de compter sur les dictionnaires ou tout autre correcteur en ligne pour y voir clair. La politique d’adhésion des nouvelles graphies est obscure et n’apparait pas explicitement pour le lecteur.

Certains sites, comme Renouvo, se sont prêtés à l’exercice et répertorient les mots concernés. Cette liste est tirée de la brochure « Le millepatte sur un nénufar : vadémécum de l’orthographe recommandée » (4 €). M. Landroit a notamment participé à cette brochure. Ce document, publié en 2003, atteste environ deux mille mots rectifiés. Il en compterait la moitié s’il ne prenait pas en compte les variantes et les déclinaisons d’un même mot. Le récapitulatif n’est pas exhaustif. Les auteurs ont essayé de reprendre l’essentiel. À titre de comparaison, la BDL recense environ 2750 mots rectifiés.

Livre 'Le millepatte sur un nénufar'

D’après Mala F. Bergevin, linguiste-informaticienne chez Antidote, ledit site accuse un certain retard. Le dictionnaire québécois, ainsi que d’autres ouvrages plus récents, porte ce nombre à environ cinq mille mots touchés par les RO. Selon la linguiste, l’ouvrage le plus à jour serait le dictionnaire Antidote bien sûr, mais aussi le « Grand Vadémécum de l’orthographe recommandée : cinq millepattes sur un nénufar » qui compte environ cinq mille mots. Elle nous explique que la différence s’explique dans une différence de nomenclature. Pour l’avoir consulté, on y trouve de nombreux anglicismes et régionalismes. Pas certain que cela soit très utile, mais la stratégie commerciale l’emporte souvent sur la pertinence.

Petite anecdote amusante, le titre du millepatte avait été donné un peu par hasard et finalement adopté par le reste de l’équipe pour son côté cocasse et original. Curieusement, on trouve cette histoire de millepatte et de nénufar dans le sous-titre du Grand vadémécum paru bien après le premier. Autre détail, le livre est publié aux éditions De Champlain. Et De Champlain n’est autre que le patronyme du mari de l’auteur.

« De » ou « des » devant un nom ?

Nous le savons, l’article un, une devient des au pluriel. La règle veut qu’on utilise le de si le nom est précédé d’un adjectif. Ainsi, on dira des maisons, mais de belles maisons. Pourquoi ce distinguo ?

Jadis, on ne faisait pas la différence entre l’article de et des. Le second était d’usage uniquement. C’est un grammairien qui inventât cette règle. Depuis, on dit des hommes excellents, mais d’excellents hommes. Du moins dans le langage écrit et surtout le registre soutenu, car nous ne faisons pas cette distinction à l’oral.

Seule exception, les locutions avec un nom. Par exemple, on dit des petits pois et on pourra toujours jouer sur les mots en disant que ce sont là de très petits pois.

L’élision du pauv’ con

En français, l’élision sert à supprimer une ou plusieurs lettres. On la rencontre principalement aux déterminants placés devant un mot commençant par une voyelle ou un h aspiré. Je suppose qu’il s’agit d’une facilité à l’oral pour éviter un hiatus. Je note au passage que cela ne pose aucun problème en espagnol (l’église mais la iglesia).

L’usage de l’apostrophe est une spécialité française. L’anglais peut aller se rhabiller. Et c’est sans parler du langage familier très friand de ces raccourcis. T’as pas l’heure est la forme écrite du discours oral relâché. L’apostrophe intervient également pour des mots monosyllabiques. On se souvient du présidentiel casse toi pauv’ con. Tout aussi amusant, les Belges s’émoustillent sur scène devant le groupe musical les Gauff’ au Suc’. Dingues ces Belges, dingue cette apostrophe ! Et elle s’immisce là où on ne l’attend pas, comme dans ces exemples d’apocopes : on va à la cafèt’ prendre son p’tit dej’.

Pas évident pour des nouveaux apprenants de s’y retrouver. Il est parfois tendu de percevoir les nuances entre une faute de français et le recours à des formes raccourcies induites par le langage familier. Aussi, on trouve des emplois plus archaïques : grand’mère, grand’chose, grand’place. Cette pratique n’est plus conforme aux règles actuelles, mais subsiste encore dans certains ouvrages.

Je ne connais pas tous les usages et il serait intéressant de creuser le sujet. Promis, j’en fais mon affaire. Rien ne presse… y a pas l’feu au lac.

Capture les Tuniques bleues
⏩ extrait des Tuniques bleues

Nom d’un fromage !

Les noms de fromages sont souvent donnés par antonomase. Ainsi, le camembert est le nom d’un village de l’Orne… Camembert. Devenus noms communs, ils s’écrivent sans capitale. Quelques fromages dont l’orthographe peut poser problème.

  • appenzell : deux p et deux l
  • cheddar : deux d
  • comté : un m et sans p
  • un coulommiers : deux m et un s final
  • un maroilles : deux l et un s final
  • salers : se prononce [salèr]
  • reblochon : re- et non ro-

En tant que noms simples, ils prennent la forme du pluriel à l’exception des noms composés : des saint-amour.

Bien utiliser son dictionnaire

Le CCDMD propose un parcours ludique pour apprendre à mieux connaître nos dictionnaires. J’ai été très étonné de trouver ce genre de ressources étonnamment bien faites. Cette note reprend les informations générales de cette page : « Connaissez-vous le dictionnaire ? ».

Choisir les mots d’un dictionnaire

Nous possédons tous au moins un dictionnaire dans notre foyer. Les plus connus sont les dictionnaires usuels de la langue française, mais il en existe une quantité d’autres. On pourrait remplir toute une bibliothèque tellement ils sont nombreux.

Le Larousse et le Robert sont deux dictionnaires usuels les plus connus. Qu’il soit récent ou plus ancien, la présence de ces lexiques nous rassure. Ils sont la référence en cas de doute sur un point de langue. Pour beaucoup, un mot absent du dictionnaire est un mot inexistant. Or, la réalité n’est pas aussi simpliste.

Concevoir un dictionnaire avec tous les mots existants n’est pas réaliste. Notre langue est vivante. Des mots naissent et disparaissent chaque jour. À quoi bon garder des mots inusités dans un ouvrage généraliste destiné au quidam ? Ne sont-ils pas suffisamment volumineux ? Les plus nostalgiques pourront toujours se référer aux dictionnaires historiques. Aussi, de nombreux secteurs d’activités très spécialisés (médecine, droit, comptabilité, gastronomie) ont besoin de nommer des réalités spécifiques. Laissons-leur les dictionnaires ad hoc. Et puis, la Francophonie est un large territoire aux nombreuses cultures. Le lexique régional pourra se retrouver dans un ouvrage spécifique (le Multi pour les québécismes). Sans parler des nombreux néologismes éphémères de la littérature. Les lexicographes ont la lourde responsabilité de choisir les mots. Ils doivent également suivre leur évolution (nouveau sens, sens vieilli).

Les définitions

Le Larousse est de type encyclopédique : définitions concises, illustrations, tableaux, développement encyclopédique, noms propres, etc. Le Robert est plus centré sur la langue : prononciation, étymologie, synonyme, antonyme, citation, etc. Pas simple de s’y retrouver au début. D’autant plus que chaque dictionnaire à sa façon de présenter les définitions. Il faut généralement se référer au début du dictionnaire pour comprendre la mise en forme et l’iconographie. Avec l’habitude, on se familiarise assez vite.

Capture d'écran

L’article est composé de l’entrée et de sa définition. L’entrée est classée par ordre alphabétique, en capitales et en gras. Suit la phonétique entre crochets (cf. le tableau de l’API en début d’ouvrage). L’étymologie est précédée de la date d’apparition du mot. Suivent les différents sens, trois dans cet exemple. Les marques d’usage (VX, MOD, RÉGION.) précisent le sens du mot ou le contexte dans lequel on l’utilise. On trouve parfois un exemple entre guillemets et en italique, suivi du nom de l’auteur. La flèche (➤) soumet des mots apparentés ou synonymes.

Dans un dictionnaire de langue générale, les apostrophes et les traits d’union sont ignorés dans le classement alphabétique (c’est-à-dire cestadire). À classement égal, le mot le plus court vient en premier (col avant collage). Les lettres accentuées sont classées au même rang que les lettres non accentuées (crêpe vaut crepe), mais la lettre non-accentués a priorité en cas d’égalité. Les signes de ponctuation sont ignorés (C.P. vient après côte). Il n’y a pas de distinction des capitales (S.-F. vient après seyant). Les ligatures sont considérées comme deux lettres distinctes (cœur vient après coder).

Capture d'écran

Le losange (♦) indique une nuance de sens. On trouve de nombreux exemples comprenant des citations d’auteurs célèbres. Les contraires se trouvent en fin d’article. Ils sont regroupés selon leur sens. Chaque regroupement de sens est séparé par un point-virgule ou par un point.

Les noms et les adjectifs sont toujours classés au masculin singulier. Ainsi, molles est classé à mou. Généralement, les variantes suivent l’entrée principale : favori, favorite, cuisinier, cuisinière ou encore familial, familiale, familiaux. Les participes passés et verbes conjugués sont rangés au verbe à l’infinitif : acquis acquérir. La particule des verbes pronominaux est ignorée : s’asseoir asseoir.

Capture d'écran

Comme on l’a vu, le mot peut avoir plusieurs sens. Ces derniers peut être repris dans d’autres classements précédés d’une numérotation romaine. Dans l’exemple, on trouve un groupe sur les sens anciens (VX) et un second sur les sens modernes (MOD.). Dans cet article, on trouve de nombreux exemples mis en italique et des citations. Ils permettent de mettre l’entrée en contexte. Ils permettent également de se familiariser avec les autres mots employés en combinaison (cooccurrences). Enfin, l’astérisque signale que c’est sous ce mot qu’on trouve le sens de l’expression.

Capture d'écran
⏩ capture du logiciel Antidote

Les cooccurrences sont les mots qui gravitent autour d’un même champ lexical. Dit comme ça, ce n’est pas très parlant. Par exemple, pour savoir si on dit « un cheveu dans la soupe » ou « un cheveu sur la soupe », je cherche le mot soupe. Je trouve alors la préposition adéquate dans les exemples de l’expression. Les correcteurs exploitent très bien cette notion avec une catégorie attribuée aux cooccurrences. Ainsi, pour le mot prêt j’obtiens 637 résultats d’utilisation.

Langage SMS

Les lecteurs réguliers de ce blog savent tout le bien que je pense du SMS. Ce type de communication n’est pas responsable à lui seul de la baisse du niveau général chez les adolescents. Ce serait trop simple. Les causes sont multiples et plus complexes mais le SMS reste le bouc émissaire idéal et évite bien des remises en question parfois gênantes. Au contraire, ce langage offre de nouvelles occasions d’échanger et de stimuler la créativité des jeunes. Une position que ne partage pas monsieur D’Ursel dans son exposé : « Le langage SMS, ou l’impossible révolution démocratique ».

Selon monsieur D’Ursel, la retranscription phonétique est susceptible de poser problème, car elle revêt divers champs sémantiques. Certes, mais le problème est exactement le même avec les homophones parfaits… qui plus est dans une langue normalisée comme la langue française. La bière fait référence à la boisson ou au cercueil ? Le cousin désigne le moustique ou le frère de mon oncle ? Pour y répondre, il faut connaître le contexte. Il en va de même pour le langage SMS.

Quand je souhaite communiquer en français, j’utilise la grammaire, la syntaxe, le vocabulaire… toutes des notions apprises à l’école et bien au-delà. Comme tout outil de communication normalisé, la langue possède des règles à respecter. Ne pas s’y plier risque de nuire à la bonne compréhension du message. C’est valable avec une langue, ça l’est également avec n’importe quel autre outil. Pour communiquer en morse, nous (locuteur et destinataire) devons apprendre les signaux. Pour échanger en phonétique, nous devons apprendre l’API ou tout autre alphabet phonétique. Il est question de se mettre d’accord sur un outil commun.

Le langage SMS est à la portée de tous… du moins les scripteurs capables d’écrire en français. Ils possèdent donc une base commune indispensable. Ils vont ensuite s’approprier ces fondamentaux pour les agrémenter à leur sauce et produire du contenu personnalisé. C’est, entre autres, tout ce qui fait son charme et son succès. Croire qu’il faille maîtriser les subtilités de la langue pour s’adonner au SMS est un non-sens. Aussi, ce langage s’utilise généralement entre des personnes de proximité. Autrement dit, les protagonistes se connaissent. Il se crée alors des habitudes qui diminuent le risque d’erreur.

La présentation reflète assez bien ce qu’est le texto : un jeu. Il n’y a pas lieu de chercher de la cohérence à tout prix, mais de laisser un peu de folie et de légèreté. On s’amuse de la forme pour mettre tout le monde sur un pied d’égalité indépendamment de la maîtrise de sa langue.

Faute grave en orthographe ?

J’ai toujours eu une orthographe moyenne et j’ai souvent commis des petites imperfections. Encore aujourd’hui, certaines de mes erreurs pourraient être corrigées si je m’attelais à un peu plus de rigueur et de réflexion. Pourtant, les contraintes liées aux mots handicapent les pensées spontanées. Raison pour laquelle j’écris d’abord selon mes connaissances et mon intuition. Ensuite, je relis et je vérifie en cas de doute. Il n’en reste pas moins quelques fautes. Et comme bien souvent, il est plus difficile de repérer ses difficultés que celles des autres.

Nul n’étant parfait, des erreurs se glissent de temps en temps. Ce n’est certainement pas volontaire. Si je pouvais avoir la certitude d’écrire sans faute, je le ferais. Alors, est-il grave de faire des fautes d’orthographe ?

Pour ma part, j’ai appris à relativiser et à être indulgent. J’essaye avant tout de comprendre l’origine de l’erreur. Il peut s’agir d’une ignorance, une faute d’inattention, un manque de relecture ou un acte volontaire. J’ai été très étonné de lire à ce sujet une interview de M. Dewaele. Ce dernier distingue les fautes d’ignorance et les fautes de négligence. Les secondes sont qualifiées de « graves ». Venant d’un grand champion, je me dis qu’il se met la barre très haut et je ne voudrais pas être à sa place en cas d’étourderie ou dans l’équipe de rédacteurs qu’il supervise.

Capture Leberation.fr
⏩ capture de http://www.liberation.fr

Pourtant, les fautes d’inattention ne manquent pas et se situent à tous les niveaux: de la petite annonce en ligne à la une d’un grand journal papier. Depuis belle lurette, la crise frappe les quotidiens. Les gestionnaires tentent de subsister en rabotant là où ils peuvent encore le faire. La correction n’échappe pas à la règle. Même si la faute en une est assez rare, elle provoque le buzz et son lot de critiques négatives.

Capture Liberation
⏩ Une du quotidien français Libération

Sur les réseaux sociaux, certains s’amusent à les pointer du doigt. Secteur en pleine effervescence, tout le monde souhaite y participer. Comme on peut le voir, ce n’est pas sans mal. Les deux captures d’écran ci-dessous sont tirées des comptes officiels Facebook du Petit Larousse illustré et du Petit Robert illustré.

Capture de la page du Larousse sur Facebook
⏩ capture de la page Larousse sur Facebook

Capture de la page du Robert sur Facebook
⏩ capture de la page du Robert sur Facebook

Des petites erreurs. Sans gravité selon moi, pour plusieurs raisons. La première est liée au support de communication. On se trouve sur un réseau social. L’écriture est bien souvent plus spontanée et plus rapide. Le support écran permet également une meilleure édition du texte. Une erreur dans un dictionnaire papier est fatale, mais elle peut être corrigée rapidement en ligne. Aussi, la gestion d’une page est reléguée au community manager. Certes, il essayera de ne pas faire de fautes, mais son rôle se cantonne bien souvent à l’animation et la régulation d’une communauté.

Je pourrais multiplier les exemples tellement ils sont nombreux. Que ce soit à la télé, dans la presse écrite, à la radio… personne n’y échappe. Je ne cherche pas à minimiser les erreurs de la part des professionnels. J’essaye juste de relativiser ces maladresses. La langue française est difficile, tout le monde est prêt à le reconnaître. De plus, nous sommes faillibles par nature et personne, pas même le plus grand linguiste, n’est à l’abri d’une coquille. Alors, souriez et continuez à écrire.

De l’image au mot [8]

Une nouvelle sélection de mots de vocabulaire à découvrir.

  1. {n. m.} Porte-manteau sur pied, à patères courbes.
  2. {n. m.} Chien de garde, de grande taille.
  3. {n. m.} Être fantastique et méchant, dont on menace les enfants.
  4. {n. m.} Câble extensible muni d’un crochet à chaque extrémité.
  5. {n. m.} Espèce de marsupiaux à beau pelage noir, blanc et gris.
  6. {n. m.} Armure ou harnais d’ornement dont on équipe les chevaux.
  7. {n. m.} Poisson voisin des chabots, carnivore, vivant en eaux froides.
  8. {n. m.} Gilet court, à col en V très échancré, croisé sur la poitrine.
  9. {n. m.} Éboueur travaillant à l’arrière d’une benne.
  10. {n. m.} Pince que la police applique sur la roue d’un véhicule en stationnement illicite, afin de l’immobiliser.

vocabulaire à découvrir
⏩ perroquet, grand danois, croque-mitaine, tendeur/sandow, opossum
caparaçon, cotte, cache-cœur, ripeur, sabot de Denver

Les internautes correcteurs

Le web permet à tout un chacun de s’exprimer librement sur un thème de son choix. Qu’il soit professionnel, amateur passionné ou simple lambda, tout le monde a cette occasion de se faire entendre sur la toile. Les blogs améliorent encore cette expérience en favorisant l’échange entre l’auteur et son lecteur grâce aux commentaires. Faut-il encore en avoir.

Pas facile de captiver l’attention de l’internaute. Fougueux, il lit entre les lignes, passe rapidement d’un coin à l’autre sans s’éterniser. L’immensité du web donne cette impression que l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Non seulement le lecteur est impatient, mais il a cette caractéristique d’être passif. Un faible pourcentage se donne la peine d’interagir. Cette minorité n’est pas représentative, mais mieux vaut y faire attention. L’auteur endosse alors le rôle de modérateur pour trier le spam, les messages tendancieux. Il devient aussi community manager en accueillant les nouveaux, en les remerciant, en répondant aux interrogations et en apaisant les tensions éventuelles.

Dans l’idéal, les commentaires sont constructifs et viennent apporter une plus-value au contenu. Seulement voilà, l’intervenant a carte blanche et ne se donne aucune limite. Déjà qu’il n’intervient pas souvent, il ne faudrait pas lui brider ce plaisir. Certains se focalisent sur une coquille, une faute de distraction. C’est toujours gênant de se faire reprendre sur ce point. L’échange dans les commentaires peut alors se briser et se concentrer sur ce qui apparaît secondaire.

Afin d’éviter ces petits désagréments, tout en profitant de la vigilance des internautes, il existe différentes techniques pour éviter que ces remarques n’apparaissent dans le flux de la conversation. En l’absence de correcteurs, le mieux est de demander directement aux internautes de prévenir l’auteur d’un article. C’est le cas d’Arrêt sur images où chaque article conséquent propose de signaler une faute. À noter qu’il n’est pas possible de commenter directement la note (sauf pour les abonnés via le forum).

Capture www.arretsurimages.net
⏩ capture http://www.arretsurimages.net

D’autres, comme Presse-citron, préfèrent le mentionner dans une mini-charte adossée au formulaire de discussion. De cette manière, la remarque est envoyée au destinataire sans passer par le blog.

Signaler une erreur
⏩ capture http://www.presse-citron.net

Le blog Copywriting-pratique tente de canaliser les éventuelles critiques de forme par l’envoi des corrections. Écrivez les mots erronés et le tout est envoyé directement à l’auteur.

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⏩ capture http://www.copywriting-pratique.com

Des amateurs passionnés de l’écrit, proposent leurs services. Pas simple de produire du contenu intéressant, captivant sans aucune faute. L’exercice est hautement plus périlleux quand la communication passe par les réseaux sociaux. Autant d’occasions de faire une bourde dans un texte écrit trop rapidement. Pour désamorcer les occasions de se voir critiquer, Correction de textes a proposé un concours à tous ses lecteurs. Audacieux pour une entreprise qui prétend en faire son métier. Une manière peut-être d’affirmer son efficacité, du moins si aucune faute n’a été relevée.

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⏩ concours pour détecter les fautes