Les mots rectifiés par la nouvelle orthographe

Il n’est pas simple de connaître la liste des mots touchés par ce qu’on appelle injustement la nouvelle orthographe. Cette liste de nouveaux mots a été conçue après coup en se référant à la trentaine de règles que composent les rectifications orthographiques (RO). De ces règles naissent – non pas de nouveaux mots – mais de nouvelles graphies pour des mots déjà existants (ognon plutôt qu’oignon). Les RO recommandent également une graphie plutôt qu’une autre quand il existe plusieurs variantes (clé plutôt que clef). Les mots rectifiés sont donc une conséquence de la réforme. Inutile de compter sur les dictionnaires ou tout autre correcteur en ligne pour y voir clair. La politique d’adhésion des nouvelles graphies est obscure et n’apparait pas explicitement pour le lecteur.

Certains sites, comme Renouvo, se sont prêtés à l’exercice et répertorient les mots concernés. Cette liste est tirée de la brochure « Le millepatte sur un nénufar : vadémécum de l’orthographe recommandée » (4 €). M. Landroit a notamment participé à cette brochure. Ce document, publié en 2003, atteste environ deux mille mots rectifiés. Il en compterait la moitié s’il ne prenait pas en compte les variantes et les déclinaisons d’un même mot. Le récapitulatif n’est pas exhaustif. Les auteurs ont essayé de reprendre l’essentiel. À titre de comparaison, la BDL recense environ 2750 mots rectifiés.

Livre 'Le millepatte sur un nénufar'

D’après Mala F. Bergevin, linguiste-informaticienne chez Antidote, ledit site accuse un certain retard. Le dictionnaire québécois, ainsi que d’autres ouvrages plus récents, porte ce nombre à environ cinq mille mots touchés par les RO. Selon la linguiste, l’ouvrage le plus à jour serait le dictionnaire Antidote bien sûr, mais aussi le « Grand Vadémécum de l’orthographe recommandée : cinq millepattes sur un nénufar » qui compte environ cinq mille mots. Elle nous explique que la différence s’explique dans une différence de nomenclature. Pour l’avoir consulté, on y trouve de nombreux anglicismes et régionalismes. Pas certain que cela soit très utile, mais la stratégie commerciale l’emporte souvent sur la pertinence.

Petite anecdote amusante, le titre du millepatte avait été donné un peu par hasard et finalement adopté par le reste de l’équipe pour son côté cocasse et original. Curieusement, on trouve cette histoire de millepatte et de nénufar dans le sous-titre du Grand vadémécum paru bien après le premier. Autre détail, le livre est publié aux éditions De Champlain. Et De Champlain n’est autre que le patronyme du mari de l’auteur.

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