L’élision du pauv’ con

En français, l’élision sert à supprimer une ou plusieurs lettres. On la rencontre principalement aux déterminants placés devant un mot commençant par une voyelle ou un h aspiré. Je suppose qu’il s’agit d’une facilité à l’oral pour éviter un hiatus. Je note au passage que cela ne pose aucun problème en espagnol (l’église mais la iglesia).

L’usage de l’apostrophe est une spécialité française. L’anglais peut aller se rhabiller. Et c’est sans parler du langage familier très friand de ces raccourcis. T’as pas l’heure est la forme écrite du discours oral relâché. L’apostrophe intervient également pour des mots monosyllabiques. On se souvient du présidentiel casse toi pauv’ con. Tout aussi amusant, les Belges s’émoustillent sur scène devant le groupe musical les Gauff’ au Suc’. Dingues ces Belges, dingue cette apostrophe ! Et elle s’immisce là où on ne l’attend pas, comme dans ces exemples d’apocopes : on va à la cafèt’ prendre son p’tit dej’.

Pas évident pour des nouveaux apprenants de s’y retrouver. Il est parfois tendu de percevoir les nuances entre une faute de français et le recours à des formes raccourcies induites par le langage familier. Aussi, on trouve des emplois plus archaïques : grand’mère, grand’chose, grand’place. Cette pratique n’est plus conforme aux règles actuelles, mais subsiste encore dans certains ouvrages.

Je ne connais pas tous les usages et il serait intéressant de creuser le sujet. Promis, j’en fais mon affaire. Rien ne presse… y a pas l’feu au lac.

Capture les Tuniques bleues
⏩ extrait des Tuniques bleues

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