Les locutions latines

Une locution est un groupe de mots et qui forme une unité de sens. On peut l’associer à une expression. Les locutions dans notre langue sont nombreuses. Une « bande dessinée » désigne un objet bien particulier et non un ruban de papier sur lequel apparaissent des illustrations. Les expressions en français ne subissent aucun traitement typographique particulier, à contrario des expressions étrangères.

Il est coutume de mettre en italique (dans un texte en romain) toutes les locutions étrangères.

Il s’agit d’un one-man show sensationnel.

De manière générale, les mots latins ou les locutions latines non francisés sont également mis en italique. C’est d’ailleurs le sujet de cet article.

Le texte de l’article a été lu in extenso.

La francisation est un sujet épineux et les discussions vont bon train sur le web. Pourtant, le cheminement d’un mot étranger fait souvent le même parcours. Adopté par une grande majorité, il est lexicalisé par les dictionnaires usuels. Dans une typographie soignée, il s’écrit en italique. Dans certains cas, le mot est francisé ou et perd cette marque typo. Il en va de même pour les mots couramment usités et intégrés à notre langue. Ce fut le cas de « week-end ».

Il est donc intéressant de connaître les locutions latines francisées et celles entrées dans le langage courant. Le Lexique des règles typographiques reprend une liste de locutions latines non francisées . On remarquera en passant que l’Imprimerie classe certains mots latins parmi les locutions.

ad hoc ad libitum a fortiori a posteriori
a priori bis grosso modo ibidem
idem in extenso in extremis in fine
infra loc. cit. modus vivendi op. cit.
passim quater sic statu quo
supra ter via vice versa

On imagine que cette liste n’est pas exhaustive. Dommage. Ce petit ouvrage est censé être une référence en cas d’interrogation. Aussi, tous les ouvrages ne lisent pas les mêmes mots sous cette dénomination. C’est le cas du Ramat de la typographie. Tout ceci rajoute encore un peu plus de confusion.

À noter la position des rectifications de 1990 à cet égard. Elles conseillent la francisation des locutions latines. Par exemple, les formes a priori, a posteriori, in extremis sont francisées pour devenir « à priori, à posteriori, in extrémis ». Dénuées de l’italique, elles se voient composées avec des accents le cas échéant [¹] alors que le latin en est dépourvu.

Toujours dans le même Lexique, on retrouve un certain nombre d’expressions latines « passées dans le langage courant ». Je suis très dubitatif sur la sélection. Exequatur, minus habens, triplicata ne me sont pas familiers. Ces expressions, jugées usuelles, se composent en romain, avec accent et sont variables.

critérium desiderata duo duplicata
erratum exeat exequatur impedimenta
in-folio in-octavo in-quarto intérim
maximum mémento mémorandum minimum
minus habens muséum pensum post-scriptum
quatuor référendum requiem solo
tollé triplicata ultimatum vade-mecum
veto visa    

Pour obtenir la liste des locutions latines et leur signification, référez-vous aux pages roses du Larousse ou à la liste bien fournie sur Wikipédia.

Quid des abréviations ? Elles suivent le même traitement que pour le texte en long. Exception pour certaines abréviations largement utilisées, comme « etc. » écrite en romain alors que la forme « et cetera » (rare à l’écrit) se met en italique [²]. La liste suivante est reprise du Ramat.

Locution Abréviation Signification
ad libitum ad lib. à volonté, au choix
confer cf. ou conf. se reporter à
id est i.e. c’est-à-dire
infra inf. ci-dessous
nota bene N.B. ou NB notez bien
opere citato op. cit. dans l’ouvrage déjà cité
supra sup. ci-dessus
ultimo ult. en dernier lieu

Les abréviations de plusieurs éléments composés chacun d’une seule lettre ne contiennent pas d’espace. Il est toujours préférable de choisir une abréviation d’un mot en français à celui du latin : « c.-à-d. » au lieu de « i.e. » (id est) plus souvent utilisé en anglais.

Au vue de cet article, il est difficile d’affirmer une fois pour toutes que les locutions s’écrivent en italique. Comme bien souvent, les choses sont plus nuancées. Pas simple de donner un avis tranché et définitif. À chacun de faire un choix dans les ouvrages de référence, de suivre ou non les rectifications et d’être attentif à l’évolution des mots.

[¹] « Accentuation des mots d’origine étrangère » (BDL).
[²] La forme francisée « etcétéra », conseillée par les rectifications, reste évidemment en romain.

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