Nouvelle orthographe et les dicos

On le sait, la réforme de 1990 est une proposition de simplification de l’orthographe* et n’a rien d’obligatoire. Chacun est libre d’utiliser la graphie qui lui sied et même en alternance. Qu’on se le dise, il ne s’agit pas d’une tolérance, mais bien d’une forme correcte acceptée et validée par l’Académie française et publiée dans le Journal officiel.

Comment réagissent les dictionnaires usuels à leur égard ? Commençons par Larousse. Ce dictionnaire encyclopédique plutôt grand public parle de nouvelle orthographe. C’est dommage car elle pourrait sous-entendre que l’ancienne est dépassée et plus d’actualité. Aussi, après 23 ans peut-on toujours parler de nouveauté ? Que se passera-t-il le jour où une énième réforme viendra s’ajouter à la nouvelle ?

Larousse

Larousse intègre cette nouvelle orthographe depuis la version 2012. Elle se présente sous deux formes.

Elle est indiquée, pour chaque mot concerné, par un signe typographique (▲). Le Petit Larousse sanctionnant l’usage,si celui de la nouvelle orthographe est suffisamment attesté, celui-ci entre dans la zone entrée de l’article après la conjonction « ou ». S’il est avéré qu’elle est plus employée que l’orthographe classique, elle vient en tête de la zone entrée.Le Petit Larousse illustré 2013

Ainsi, on trouve « Cédex ▲ Cédex n.m. (acronyme) » ou « événement ou évènement n.m. ». Pour avoir vérifié une dizaine de mots, ils y sont tous. Dommage qu’on ne trouve pas le mot rectifié avec une redirection. Par exemple, je ne trouverai rien en cherchant à « ognon ». Et dire qu’on impose aux instituteurs d’enseigner cette orthographe. Plutôt déroutant pour un écolier de chercher un mot apparemment inexistant. Je suppose que ce choix est motivé par la contrainte du support papier qui oblige à faire des choix. À noter que la version en ligne, insensible à cette contrainte, ne tient pas du tout compte de ces rectifications.

Robert

Le Robert n’a pas fait le choix d’intégrer l’ensemble des rectifications. Comme bien souvent, c’est l’usage qui décide in fine si telle ou telle graphie apparaît dans le dictionnaire. Dans certains cas, on trouve les deux adossés : « évènement ou événement ». La forme traditionnelle étant préférée par l’usage, on la trouve placée en premier plan. Dans d’autres cas, c’est carrément le mot rectifié qui se trouve indexé. Ainsi, on trouve « cornflake » et plus sa forme traditionnelle en un mot. Et quand le mot n’est pas utilisé, il n’est tout simplement pas mentionné ni en entrée, ni dans l’ancienne graphie. Ainsi, aucune trace de l’« ognon ».

Je suis assez interloqué aux vues de ses pratiques. Dans mon petit calepin des difficultés orthographiques, j’ai pris la peine de toujours écrire les mots dans leur orthographe traditionnelle et de spécifier systématiquement la nouvelle orthographe dans un autre jeu de couleurs. Il me semble important de différencier les deux. Le Robert dit suivre l’usage, mais il est aussi considéré comme une référence, un modèle à suivre. Le serpent se mord la queue.

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