Les capitales accentuées

L’accentuation sur les capitales a la vie dure. Même si l’Académie française préconise cet usage, les écoles gardent leurs anciennes habitudes. Pour bon nombre de typographes, l’accentuation des capitales a pleine valeur orthographique. Elle détermine la prononciation et évite la confusion de sens de nombreux mots. À ce sujet, Yves Perrousseaux disait: « Si déjà nous, francophones, avons du mal à comprendre le sens de certains mots non accentués, à plus forte raison qu’en est-il des étrangers qui lisent, par exemple, nos documents touristiques ! »

L’ENFANT CROIT FACILEMENT  |  L’ENFANT CROÎT FACILEMENT
UN INTERNE TUE  |  UN INTERNÉ TUÉ

Genèse

L’origine de cette mauvaise pratique remonte au début de l’imprimerie. Les lettres étaient montées sur des petits blocs de plomb. Chaque pièce avait la même taille. Les minuscules possédaient un espace suffisant pour l’accent alors que les majuscules occupaient tout l’espace. Les machines composeuses, d’origine anglo-saxonne, ne contenaient de capitales accentuées. Le même problème se posa plus tard avec l’arrivée des machines à écrire.

De nos jours

Trop souvent, les adultes reproduisent une mauvaise habitude apprise à l’école: les capitales ne s’accentuent pas à l’écrit. Ceux qui se destinent à une vocation plus littéraire, apprendront à corriger cette maladresse orthographique. Pourtant, diront certains, bon nombre d’articles de presse se passent volontiers de cette particularité.

D’autre part, les programmes ne permettent pas une utilisation aisée de ces caractères. Il faut souvent avoir accès à des menus enfouis, des combinaisons de touches ou faire appel à une table des caractères. Sans compter l’absence des signes diacritiques dans certaines polices.

Pour compliquer le tout, les recommandations officielles varient en fonction des pays. Par exemple, en Suisse romande on n’accentue pas les majuscules alors que les minuscules mises en capitales sont accentuées. Au Québec, on accentue les abréviations tandis que chez nous cette pratique est déconseillée. Difficile de s’y retrouver.

Alors, faut-il accentuer les capitales ?

La réponse semble évidente pour certains professionnels. À partir du moment où elle a pleine valeur orthographique et évite les confusions sémantiques, alors elle doit s’imposer. D’ailleurs, tous les grands dictionnaires de langue française ont opté pour ce choix. Il ne reste pas moins que les claviers français mériteraient une adaptation à notre langue française pour faciliter cet usage[¹].

Les plus permissifs acceptent les deux formes. L’accent diacritique est de mise si le sens est remis en cause ou si on souhaite apporter une attention typographique particulière. Dans tous les autres cas, il n’est pas obligatoire. À chacun de choisir.

En pratique

Il n’est pas bien compliqué d’écrire des grandes lettres munies de l’accent circonflexe ou du tréma. Pour y arriver, il convient de taper au clavier ^ (accent circonflexe) ou ¨ (tréma) puis de maintenir la touche Maj et presser la lettre souhaitée. On peut donc écrire aisément « Âpre » ou « Île » sans pour autant avoir recours au codage des signes.

Pour les accents aigu et grave, regardez bien votre clavier. Sous le % (pour cent) et la £ (livre sterling) se trouvent respectivement l’accent aigu et l’accent grave. Pour y avoir accès, il faut appuyer sur la touche Alt Gr et suivre les mêmes instructions citées ci-dessus.

D’autres caractères ne se trouvent pas sur le clavier, notamment le « Ç ». Là, ça commence à devenir un poil pompeux. Il faut faire un tour dans la Table des caractères de Windows[²] puis copier-coller la lettre. L’autre méthode est d’ajouter le code HTML du signe. Le Ç fait partie de la table ASCII étendue[³] et porte le code Ç à ajouter dans le HTML. La manipulation est nettement plus simple sur Mac: Alt + ç.

Touches mortes
L’accent aigu, l’accent grave, l’accent circonflexe et le tr&ma sont des touches dites mortes (dead keys en anglais). Une première pression ne donne aucun résultat direct à l’écran. C’est la touche suivante qui détermine le résultat final.

Avec un peu de pratique, il sera facile de coder correctement les caractères. Tout est une question d’habitude. Retenez les entités nommées suivantes précédées de la lettre de votre choix.

  • l’accent aigu acute;
  • l’accent grave grave;
  • l’accent circonflexe circ;

[¹] À lire sur le même sujet: « De la machine à écrire au clavier »
[²] Menu Démarrer > Accessoires > Outils système > Table des caractères
[³] Voir « Les tableaux ASCII »

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