À quoi sert la typographie ?

En discutant avec un vieil ami, je lui explique ma passion pour la typographie. Après un blanc… « La quoi ? ». Difficile de résumer en deux mots cet art ancestral. Sans partir dans des explications interminables, je fais simple et concis. D’abord sceptique et silencieux, je sens son attention monter lorsque j’esquisse quelques règles typographiques d’usage.

La typo est omniprésente dans notre environnement, et nous concerne tous dès l’instant où on décide d’exercer une discipline apprise depuis le plus jeune âge: l’écriture. À certains égards, elle souffre malheureusement d’une mauvaise image: complexité, contradictions, rigidité, débats interminables entre spécialistes.

Pour comprendre l’utilité de la typo, il faut rappeler la révolution de l’imprimerie. Avant cette découverte, le livre n’existait pas et le savoir était détenu par une élite bourgeoise et instruite. Certains manuscrits précieux étaient cadenassés pour éviter le vol d’exemplaires uniques. La naissance de l’imprimerie est un procédé révolutionnaire économique, rapide et capable de produire en grosse quantité.

L’avènement de la typographie, c’est-à-dire le mode d’impression à partir de caractère mobile, est une véritable révolution. Le procédé d’imprimerie mène à la généralisation du papier et à la forte diminution des erreurs laissées par les moines copistes. La révolution n’est pas seulement technique mais surtout culturelle. Les connaissances jalousement gardées par l’élite vont se multiplier et se propager à quiconque souhaite se cultiver. Le savoir est un excellent rempart à la soumission.

Le typographe de l’époque est celui qui est capable de choisir et d’assembler des caractères entre eux pour rendre le texte lisible et agréable à lire. Il choisit la fonte, la mise en page, les illustrations, l’interlignage, l’alignement… en respectant le code typographique. Sur l’exemple ci-dessous, le facteur essentiel est la lisibilité du message. Le conducteur a un temps très court pour lire les inscriptions. Cette typo a son charme mais nuit à la facilité de lecture.

Plaque routière
En sécurité routière, la lisibilité est le premier facteur du choix typographique

Aujourd’hui, l’ensemble du processus typographique a été informatisé depuis la création du caractère jusqu’à l’impression du document. Cette étape technologique rend de grands services. Pour ce qui est dû rapport à l’écran, le passage du plomb au numérique à ses avantages comme ses inconvénients. Le graphiste est amené à penser autrement pour rendre la lecture efficace. Il conçoit des maquettes élaborées et aide le lecteur à ne pas tout lire.

On peut également se servir de la typo dans un travail artistique. L’auteur ne cherche pas la lisibilité mais se concentre sur l’aspect esthétique en fonction de ses affinités ou du message qu’il souhaite faire passer. Aucune règle n’est alors à respecter.

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